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Les
Nouvelles Technologies
de l'Information et de la Communication premier
secteur économique au Japon.
Le marché des NTIC tire toujours la croissance
japonaise et reste le secteur no
1 au Japon, avec une croissance régulière depuis
1996; très fortement concurrentiel, porté par
l’innovation, il représentait en 2005 un PIB de
66 800 milliards de yen (environ 400 milliards
d’euros) selon le MIC (Ministry of
Internal Affairs and Communications). Le déploiement
des technologies de l’information et de la
communication est soutenu par les
programmes gouvernementaux
édités par l’IT Strategic Headquarters dépendant du
Cabinet du Premier Ministre, en accord avec le
3ème
plan quinquennal (2006-2010)
pour la science et la technologie du Council for
Science and Technology Policy (CSTP).
Suite à la réussite des plans nationaux e-Japan en
2000 et e-Japan II en 2003 visant à promouvoir les
TIC au Japon (« e » pour electronic), le nouveau
plan gouvernemental New IT Reform Strategy a été
lancé en janvier 2006.
Electronique
Microélectronique et cartes à puce.
L’ensemble de la production de semi-conducteurs a
dépassé la barre des 13 000 milliards de yen (80
milliards d’euros) en 2006 et cette industrie est
considérée comme l’une des principales au Japon.
Dans les années 1980, l’industrie japonaise avait
une part élevée dans le marché mondial, notamment
dans celui des DRAM (Dynamic Ramdom Access Memory),
mais a subi la concurrence des entreprises coréennes
dans les années 1990. Face à la dépression de ce
marché, le secteur a dû se restructurer. Ainsi, NEC
et Hitachi ont fusionné leurs divisions mémoire DRAM
dans une filiale commune nommée Elpida. Dans le même
temps, Toshiba, Fujitsu, Sony et Panasonic se sont
retirés de ce marché.
Dans le domaine des mémoires flash NAND, Toshiba est
le dernier acteur japonais existant. Dans le domaine
des circuits intégrés destinés aux appareils
électroménagers et aux véhicules automobiles, les
sociétés japonaises, dont la plupart sont des IDM (integrated
device manufacturer : conception, production et
vente) sont dans une situation assez difficile en
comparaison des sociétés étrangères qui adoptent un
régime fabless/foundry (séparation conception et
vente / production) et peuvent donc se spécialiser
dans l’un des deux domaines.
Le marché des cartes à puce est en pleine expansion
au Japon. Selon Yano Research Institute environ 113
millions de cartes ont été vendues en 2005 (toutes
cartes à puces, hors étiquettes RFID), pour un
marché de 40 milliards de yens, soit 250 millions
d’euros. Porté par la dynamique du remplacement des
cartes bancaires magnétiques par des cartes à puces
(EMV : Europay MasterCard Visa) et par le marché des
applications sans contact, cette tendance devrait se
poursuivre jusqu’en 2010, date à laquelle le marché
pourrait être de 340 millions de cartes à puce.
Le Japon, leader mondial de la robotique.
Le Japon est, depuis le début des années 80, le
leader mondial de la robotique et conserve une part
de marché supérieure à 60 %. Loin d’éprouver un
sentiment de méfiance vis-à-vis des robots, les
Japonais ont su intégrer ces outils au système
productif sans engendrer de protestation de la part
des salariés. Le plein emploi jusqu’au milieu des
années 90 a coexisté avec l’automatisation
progressive des chaînes de production.
La robotique, considérée du point de vue industriel,
doit aujourd’hui apporter une solution au risque de
pénurie de main d’œuvre dans l’industrie et à plus
long terme dans les services ou la santé. Elle reste
une industrie en gestation, les politiques publiques
et les investissements consacrés à son développement
ainsi que la recherche dans ce domaine révèlent une
volonté de leadership technologique.
Télécoms
Essor de la fibre optique et de l’Internet mobile.
Derrière l’opérateur historique NTT, les sociétés
KDDI et SoftBank (propriétaire de Yahoo! Japan) se
sont imposées comme opérateurs généralistes (haut
débit et télécoms mobiles) concurrents. La
téléphonie fixe classique (sur réseau commuté) est
en panne de croissance, subissant la concurrence de
la téléphonie mobile (qui l’a dépassée en 1999) et
de la VoIP.
Internet à haut débit bon marché.
L’accès à Internet au Japon est le moins cher au
monde selon l’ITU : 0,06 euros pour 100 kbps en 2006
(7,46 euros en moyenne par mois et par abonné).
L’introduction, à partir de 2001, des premières
offres ADSL par SoftBank avec un marketing très
agressif a contraint NTT à se lancer sur ce nouveau
marché, et la réglementation relative au dégroupage
et à la concurrence a permis l’essor de cette
technologie. Depuis 2005 cette stratégie commerciale
est également appliquée à la fibre optique, qui
représente désormais 1/3 du haut débit.
Cependant, malgré l’obligation de dégroupage total,
les conditions d’accès au réseau optique de NTT pour
les autres opérateurs semblent encore poser des
difficultés.
Suite aux plans gouvernementaux e-Japan, le MIC a
lancé son propre plan quinquennal u-Japan en
décembre 2004 (« u » pour ubiquitous), et a défini
en août 2006 sa Next-Generation Broadband Strategy
2010 afin de préciser les objectifs à atteindre en
matière de haut débit : passer de 94 % à 100 % en
couverture haut débit, et de 80 % à 90 % en très
haut débit.
Le Laboratoire mondial de la téléphonie mobile.
Le marché de la téléphonie mobile, malgré une
réduction de la progression en abonnés, n’est pas
arrivé à maturité (5 millions d’abonnés
supplémentaires sur l’année fiscale 2006). En mai
2007, le taux de pénétration de la téléphonie mobile
était de 76,8 %, le Japon comptant 98 millions
d’abonnés à la téléphonie mobile dont 87 % sont
abonnés à un service Internet mobile (1er
rang mondial), soit 85 millions d’utilisateurs. 76 %
des utilisateurs mobiles sont abonnés à un service
3G/3,5G (75 millions d’abonnés). A peine 1 million
de Japonais utilise une carte prépayée. NTT DoCoMo
domine le secteur et a été un précurseur avec le
lancement de l’i-mode en février 1999, puis du
premier service 3G en octobre 2001.
Cependant, la déréglementation a permis à de
nouveaux opérateurs d’arriver sur le marché,
concurrençant fortement ses positions en développant
là encore des stratégies agressives (tout
particulièrement KDDI, avec sa marque Au et ses
forfaits données illimités ou packet flat rate).
Concurrence renforcée récemment avec le rachat de
Vodafone Japan par Softbank, et l’attribution de
licences à deux nouveaux arrivants : eMobile d’eAccess
et IPMobile. DoCoMo axe désormais sa stratégie sur
son service de portefeuille électronique Osaifu-Keitai
lancé en juillet 2004, utilisant la puce sans
contact FeliCa de Sony (disponible aussi sous forme
de carte) et cumulant sur téléphone portable les
fonctions de porte-monnaie électronique, titre de
transport, carte de crédit, carte de membre et
autres fonctions d’identification.
KDDI vise lui un public jeune et privilégie les
contenus mobiles, dont les services musicaux, alors
que SoftBank tente de rattraper son retard sur la
3G, et propose de nouveaux types de forfaits bon
marché.
Les deux principaux opérateurs mobiles, Au de KDDI
et NTT DoCoMo, travaillent sur la mise en place d’un
service 4G pour 2010 et effectuent désormais des
tests grandeur nature de leur future technologie,
notamment en mouvement. D’ici là, deux licences
nationales seront attribuées pour le WiMAX en
octobre 2007, pour un lancement du service en 2009.
Les opérateurs 3G existants ne sont pas éligibles
directement à ces licences, mais peuvent détenir
jusqu’à un tiers des parts des consortiums
candidats.
Logiciel et Multimédia
Forte présence étrangère sur le marché des
logiciels…
Au Japon, l’industrie des logiciels informatiques
bénéficie depuis plusieurs années d’une conjoncture
favorable en raison de la pénétration croissante des
TIC dans l’économie japonaise. Selon la JPSA (Japan
Personal Computer Software Association), les
logiciels représentaient pour les éditeurs sur
l’année fiscale 2004 au Japon un marché de 825 Mrd
JPY, soient environ 5 Mrd EUR (+ 9,5 % de croissance
annuelle). 78 % du marché étaient destinés aux
professionnels, soient environ 642 Mrd JPY,
l’équivalent de 4 Mrd EUR.
Les logiciels professionnels les plus vendus au
Japon sont les applications pour serveur et la
bureautique. La forte croissance du marché des
applications serveur (+ 29 % en un an) s’explique
par la croissance du parc installé, par les besoins
du e-business et par une prise de conscience forte
des questions de sécurité. Les logiciels spécialisés
(CAO, DAO, FAO, SIG, calcul, intelligence
artificielle, etc.) enregistrent également une forte
croissance (+ 18 %) traduisant la hausse des
investissements TIC des entreprises japonaises.
Selon les estimations, les exportations auraient
triplé en 2004 atteignant les 32 Mrd JPY (environ
195 Mio EUR) mais les importations représentent
désormais près de 365 Mrd JPY, soient 2,2 Mrd EUR (+
26 % en un an). 90 % des importations japonaises
sont en provenance des Etats-Unis, et il existe sur
le marché japonais une véritable demande en produits
innovants (de niche) : e-business, sécurité,
applications spécialisées, etc.
Le développement externalisé à l’étranger représente
53 Mrd JPY, soient 320 Mio EUR (+ 8 % en un an),
dont 63 % en Chine. Les entreprises japonaises
emploient dans l’Archipel environ 1 600 ingénieurs
étrangers (+ 28 % en un an), dont 57 % de Chinois.
… contrastant avec les difficultés des éditeurs de
jeux vidéo étrangers
Innovant et dynamique dans les années 80-90, le
marché japonais des jeux vidéo est en relative perte
de vitesse depuis 2000. Désormais 2ème
marché mondial derrière les Etats-Unis, le Japon
souffre d’un manque de renouvellement de ses jeux
sur consoles de salon, essentiellement dû à la
frilosité des éditeurs (publisher) et des
distributeurs nationaux. Le marché des consoles
portables revient à son meilleur niveau depuis la
sortie de la nouvelle génération (DS et PSP), alors
que le marché sur mobiles est en plein essor.
Quantitativement, le marché japonais est aussi
important que le marché américain, cependant les
éditeurs sont moins nombreux. L’investissement
nécessaire au développement de jeux sur console de
salon étant de plus en plus élevé (sophistication
croissante des consoles), cette concentration s’est
poursuivie en 2005, avec le rachat de Taito par
Square-Enix, et celui de Namco puis Banpresto par
Bandai. Autre effet du coût de développement, les
éditeurs japonais ne font plus que des nouvelles
versions ou des copies de jeux existants sur console
de salon, sans s'aventurer dans des investissements
trop importants en nouveaux jeux.
Les ventes des jeux étrangers restent faibles : 3 à
4 % du marché seulement, les distributeurs japonais
n’osant pas encore prendre de risques sur ce segment
de marché, face à un engouement encore faible du
public. Electronics Arts, qui distribue lui-même ses
jeux au Japon, est toujours l’éditeur étranger qui
se vend le mieux, avec près de 50 Mio USD de chiffre
d’affaires en 2005. Néanmoins, ses ventes sont en
baisse régulière au Japon.
L’Audiovisuel japonais se met au numérique et à la
haute définition
La télévision de service public Japan Broadcasting
Corporation (NHK) offre en hertzien deux chaines de
télédiffusion (l’une généraliste, l’autre éducative)
et trois stations de radiodiffusion, plus trois
chaines de télévision par satellite (BS), qui
émettent simultanément des signaux analogiques et
numériques. 90 % des programmes de sa chaine
généraliste sont en HD, contre 50 % de sa chaine
éducative. Il n’y a aucune publicité sur ces
chaînes, qui sont financées par la redevance
publique.
Le secteur privé est organisé en réseaux de chaînes
commerciales régionales. Chacun des cinq grands
réseaux dispose de « stations clés » à Tokyo :
Nippon TV, Fuji TV, TBS, TV Asahi et Tokyo TV. Les
chaînes privées sont le plus souvent intégrées à un
groupe de communication qui dispose d'un quotidien
de presse écrite : Fuji TV et le Sankei, NTV et le
Yomiuri, TV Asahi et l'Asahi Shimbun, TV Tokyo et le
Nikkei.
La diffusion analogique doit cesser au Japon en
2011. Le système de diffusion de la télévision
numérique terrestre (TNT) est devenu opérationnel
dans 3 zones pilotes (Tokyo, Osaka et Nagoya) depuis
le 1er décembre 2003 (technologie ISDB-T ou
Integrated Services Digital Broadcasting), le
programme gouvernemental pour le développement de la
TNT ayant été lancé en 1997 par le MIC. Le signal
hertzien couvrait près de 40 millions de foyers fin
2006 (85 % de la population), et l’on estimait à
plus de 6 millions le nombre de télévisions
compatibles TNT en circulation, pour environ 5
millions d’utilisateurs réels.
La télévision numérique terrestre est diffusée sur
téléphone mobile depuis le 1er
avril 2006, dans 29 départements à son lancement et
sur l’ensemble des départements depuis fin 2006.
En dehors du réseau hertzien, le Japon distingue
deux types de diffusion par satellite, la diffusion
directe (satellite BS) qui couvre 15 millions de
personnes en analogique et 25 en numérique et la
diffusion par satellite de télécommunication (CS)
qui couvre près de 3,5 millions de personnes.
Enfin, en mars 2005, 18 millions de foyers étaient
abonnés aux câblo-opérateurs, soit un taux de
pénétration de 35 %. Les câblo-opérateurs commencent
à passer à la fibre optique pour permettre plus
aisément la diffusion en HDTV, et propose désormais
des offres de triple-play en très haut débit. Ceci
alors que les services IPTV proposés par les
fournisseurs d’accès à Internet sont encore peu
usités. |