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Photographie:©JNTO

Source Mission économique du Japon -07/06

 
Téléphone public au Japon.

Téléphone public

Le Japon, laboratoire mondial de la téléphonie mobile.

Le Japon peut être considéré avec la Corée du Sud, comme le laboratoire mondial de la téléphonie mobile. Explosion de l’offre de contenus et services, précurseur du haut débit et aujourd’hui convergences, les problématiques rencontrées aujourd’hui par les acteurs du secteur au Japon préfigurent ce qui va se passer demain dans le reste du monde.

Bien que le marché des TIC tire toujours la croissance japonaise (secteur no 1 au Japon, avec une croissance régulière, depuis 1996 ; 12,7 % du PIB en 2003), le marché des télécommunications connait une légère baisse depuis 2002. Selon le Ministry of Internal Affairs and Communications (MIC), le secteur a connu 0,5 % de baisse en 2003, et 1,4 % en 2004, due principalement au déclin des services de téléphonie fixe.

Un marché mobile toujours porteur.

Le marché de la téléphonie mobile, malgré une baisse des nouveaux abonnés, n’est pas arrivé à maturité (5 millions de nouveaux abonnés sur l’année fiscale 2005), et fait partie, avec les communications IP, des secteurs à développer pour les groupes de télécommunications japonais. Ainsi, sur l’année fiscale 2004, 45 % des revenus du groupe de télécommunications NTT étaient issus de sa filiale de téléphonie mobile NTT DoCoMo (37 % en 2000).

En janvier 2006, le taux de pénétration de la téléphonie mobile était de 70,8 % (43ème rang mondial). A la même date, le Japon comptait 90,43 millions d’abonnés à la téléphonie mobile (3ème rang mondial), dont 89 % sont abonnés à un service Internet mobile (1er rang mondial) avec 80,09 millions d’utilisateurs.

Le marché.

4 opérateurs pour 3 groupes et 1 échec.

NTT DoCoMo domine le secteur (51,1 millions d’abonnés à fin mars 2006) et a été un précurseur avec le lancement de l’i-mode en février 1999, puis du premier service 3G en octobre 2001. Cependant, la déréglementation et le dégroupage progressif des réseaux ont permis à de nouveaux opérateurs d’arriver sur le marché, concurrençant fortement ses positions en développant des stratégies différentes (tout particulièrement KDDI). Concurrence qui devrait se renforcer, avec le rachat de Vodafone Japan par Softbank, et l’attribution de licences à deux nouveaux arrivants : eAccess et IPMobile.

Les normes 3G en concurrence : CDMA 2000 1x et W-CDMA.

Au de KDDI utilise les technologies mobiles de la société Qualcomm : cdmaOne en 2G, CDMA 2000 1x en 2,75G et CDMA 2000 1x EV-en 3,25G. TU-KA utilise en 2G la technologie PDC (le service 2G cdmaOne d’Au n’accepte plus de nouveaux abonnés, et devrait cesser d’ici peu). DoCoMo et Vodafone utilisent également PDC en 2G (différent du GSM), et W-CDMA (couche physique de l’UMTS, qui est donc globalement compatible FOMA et Vodafone 3G) en 3G.

Pour Au, le passage entre chacune de ces technologies s’est fait dans la continuité, sans grands investissements pour remettre à niveau son réseau, alors que pour les autres opérateurs, de forts investissements ont été nécessaires (avec un réseau 3G plus long à mettre en place).

De plus, le service CDMA 1x WIN de Au (débit presque dix fois supérieur à la concurrence) a été disponible dès fin 2003, tandis que le passage au HSDPA (3,5G avec un débit descendant de 3,6 Mbps) chez DoCoMo, initialement prévu en 2005, se fera finalement à partir de juillet-août 2006.

DoCoMo, précurseur de l’Internet mobile, s’oriente vers le portefeuille électronique

Avec l’i-mode, DoCoMo a été le premier opérateur mondial à avoir réalisé un système rentable d’exploitation de l’Internet mobile, où la concurrence entre fournisseurs de contenus est étroitement contrôlée par l’opérateur (tous les acteurs travaillent ensemble et se partagent les revenus sous la houlette de l’opérateur).

A l’international, NTT DoCoMo a privilégié la vente de licences i-mode (13 opérateurs licenciés fin 2005) plutôt qu’une expansion directe de son service, qui compte plus de 5 millions d’utilisateurs de l’i-mode dans le monde (plus d’un million en France avec Bouygues Telecom). DoCoMo axe désormais sa stratégie sur son service de portefeuille électronique Osaifu-Keitai lancé en juillet 2004, utilisant la puce sans contact FeliCa de Sony (auparavant disponible sous un format de carte à puce) et cumulant sur téléphone portable les fonctions de porte-monnaie électronique, titre de transport, carte de crédit, carte de membre et autres fonctions d’identification.

KDDI : le haut débit mobile au profit de la musique en ligne.

La croissance exponentielle de son service 3G permet a Au de KDDI d’engranger depuis 2003 plus de nouveaux abonnés que DoCoMo, le leader du marché. Près de 96 % des utilisateurs d'Au sont abonnés à la 3G (21 millions) alors que NTT DoCoMo ne compte que 46 % d’utilisateurs de son service de troisième génération FOMA (23 millions). La stratégie de KDDI plus agressive que celle de NTT DoCoMo est à l’origine d’une guerre des prix. Suite à l’introduction par KDDI de son offre d’accès illimité, NTT DoCoMo a dû s’aligner et proposer le même type de système de facturation avec des forfaits de paquets de données illimités (packet flat rate).

Cependant, si Au de KDDI a gagné près de 7 % de parts de marché (en nombre d’abonnés) en 5 ans pour atteindre 25 % du marché, TU-KA a subi une baisse de près de 4 %, et le déclin de DoCoMo est relatif puisque l’opérateur représente toujours 56 % des abonnés (59 % en 2000). KDDI vise un public jeune et privilégie les services de musique sur mobile. Son premier service de téléchargement de sonneries musicales sur mobile Chaku-Uta totalisait (début 2006) 300 millions de téléchargements en

3 ans, alors que son service de téléchargement de musique Chaku-Uta Full compte 50 millions de téléchargements après un an et demi d’activité.

Le lancement récent de son service LISMO (gestion et achat en ligne de musique sur PC et portable) transforme définitivement le téléphone en baladeur numérique actif (avec l’achat en ligne mobile).

L’échec de Vodafone, racheté par Softbank.

Vodafone était le seul opérateur occidental à s’être implanté au Japon pour constituer le 3ème opérateur mobile sur le marché domestique, en rachetant JPhone, la filiale mobile de Japan Telecom. J-Phone a lancé ses services de 3G W-CDMA à Tokyo fin juin 2002 et est devenu Vodafone Japan en octobre 2003.

Cependant la société n’a pas su décoller au Japon, avec notamment une couverture 3G insuffisante et un catalogue mal adapté, et n’a pas pu suivre la guerre des prix qui a lieu entre NTT DoCoMo et Au de KDDI sur les services de troisième génération.

Face à un nombre d’abonnés stagnant malgré les investissements effectués (profit quasi nul comparé aux autres opérateurs mobiles), avec l’arrivée en novembre 2006 de la portabilité des numéros mobiles, synonyme d’une concurrence accrue, la société a préféré céder sa filiale au groupe Softbank (qui possède Yahoo Japan), tout en signant un accord de coopération entre les deux entités pour de futurs développements communs de services et contenus.

Une exception japonaise : le PHS.

Le PHS (pour Personal Handyphone System) est une technologie dont la cellule de couverture a un rayon maximum de quelques centaines de mètres (technologie hybride fixe sans fil/mobile). 4,5 millions de Japonais étaient abonnés à un service PHS en mars 2006 (première hausse du marché en 5 ans). Willcom (80 % des abonnés) est entré sur ce marché en 2005 par le rachat de DDI Pocket (55 % du marché en 2004), et a gagné plus de 800 000 abonnés en 1 an (attrait pour son modèle PDA « bon marché »).

 

Régulation.

Un régulateur non indépendant : le Département Télécommunications du MIC.

La déréglementation du secteur des télécommunications a été lancée en 1985 et a été déployée progressivement, avec d’abord l’ouverture du marché à de nouveaux entrants pour la téléphonie fixe, puis mobile et le changement de statut de l’opérateur historique NTT. Avec la révision de la Telecommunications Business Law au 1er avril 2004, qui permet la négociation libre des tarifs entre opérateurs non dominants, le processus a été presque achevé.

L’action de ce département du MIC est complétée par celle du Telecommunications Business Dispute Settlement Committee. Créé en novembre 2001, ce comité composé de 5 commissaires nommés par le

Ministre du MIC après accord du Parlement et du Sénat, est indépendant des divisions opérationnelles du ministère. Il a un rôle d’arbitrage et de conciliation dans les disputes entre opérateurs, notamment touchant à l’interconnexion. Il fournit également au Ministre des recommandations relatives aux décisions en préparation. Pour le moment trois bandes de fréquence sont utilisées :

- 800/900 MHz : NTT DoCoMo et Au by KDDI ;

- 1,5 GHz : NTT DoCoMo, TU-KA de KDDI et Vodafone pour PDC (2G) ;

- 2 GHz : NTT DoCoMo, Au de KDDI et Vodafone pour la 3G ;

Un principe fondateur : la régulation asymétrique.

La régulation du secteur de la téléphonie mobile est « asymétrique » suivant qu’il s’agit d’opérateurs dits dominants ou non. Elle vise, pour les opérateurs dominants, à l’identification et à la répression des comportements interdits (abus d’informations, traitement anormal d’opérateurs, interventions non justifiées vis-à-vis des équipementiers ou fournisseurs de services, etc), et à la préservation des séparations légales entre tous les opérateurs (garantie d’un traitement égal pour l’interconnexion, préservation de l’équité entre les différents services proposés aux clients, etc).

Cette obligation de séparation légale se traduit par l’interdiction de lancer des offres jointes mobile-fixe pour l’opérateur historique, qui a dû loger chaque activité dans des filiales bien distinctes.

 

Perspectives technologiques.

FMC (fixed-mobile convergence) et quadruple play.

Pour les particuliers, KDDI a offert en 2005 avec son FAI DION les premiers services quadruple play intégrant l’abonnement de téléphonie mobile à l’accès Internet plus VoIP. Ceci devrait également se développer chez Softbank par la mise en place de sa filiale Softbank Mobile, mais également par l’arrivée probable de MVNO en 2007.

Les premiers modèles de téléphones fixes sans fil / mobiles (combinant VoIP sur WLAN et 3G) ont vu le jour dès 2004 chez NTT DoCoMo, uniquement à destination des entreprises pour l’instant. KDDI et Softbank prévoient bien entendu de lancer le plus rapidement possible ce type de nouveaux services.

La 4G en ligne de mire.

Les deux principaux opérateurs mobiles au Japon, Au de KDDI et NTT DoCoMo, travaillent sur la mise en place d’un service 4G de type MIMO et effectuent désormais des tests grandeur nature de leur future technologie, notamment en mouvement. DoCoMo prévoit le lancement de sa 4G en 2010, avec un débit de 100 Mbps à grande vitesse et de 1 Gbps dans des conditions classiques (tests réussis récemment à 20km/h pour 2,5 Gbps), alors que KDDI annonce une future Ultra 3G avec du WiMAX mobile (jusqu’à 120 km/h). Willcom développe, notamment avec l’équipementier Kyocera, un standard PHS 4G utilisant la technologie OFDM - Orthogonal Frequency Division Multiplexing avec un débit de 20 à 30 Mbps, y compris à grande vitesse. La société espère un lancement à l’horizon 2008-2010.

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