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Source Mission économique du Japon -11/06

 

                                Très haut débit: Explosion du marché de la fibre optique.

Au début des années 90, l’opérateur historique NTT avait opté pour une stratégie à long terme basée sur l’accès en fibre optique (FTTx). L’introduction, à partir de 2001, des premières offres ADSL par SoftBank (filiale BB Technology) – avec un marketing très agressif – a stoppé le développement du FTTx et a contraint NTT de se lancer sur ce nouveau marché. Aujourd’hui cette stratégie commerciale est également appliquée à la fibre optique, et pour l’utilisateur, la différence de prix entre l’ADSL et le FTTx est devenue relativement faible (notamment sur les premiers mois).

L’accès à Internet au Japon est en fait le moins cher au monde : 7,46 euros en moyenne par mois et par abonné (0,06 euros pour 100 kbps).

Sur l’ensemble de l’année fiscale 2005, le nombre d’abonnés au FTTx a connu une variation de + 88,4 % sur 12 mois contre + 6,2 % pour l’ADSL. Le FTTx gagne des parts de marché de plus en plus rapidement depuis 2003, alors que la croissance de l’ADSL s’est ralentie au point d’être dépassée par l’accès CATV (mars 2006 : 820 000 abonnés supplémentaires en fibre optique, contre 80 000 sur CATV et seulement 37 000 en ADSL). Le nombre d’abonnés au FTTH devrait dépasser celui de l’ADSL fin 2007, début 2008.

En matière de WLAN publics (hotspots), on dénombrait environ 6 millions d’utilisateurs fin 2005 (accès généralement payant), alors que les connexions par satellite et par courants porteurs en ligne sont quasi inexistantes.

Le déploiement des réseaux (cuivre et désormais optique) est soutenu par les programmes gouvernementaux, et de façon indirecte grâce à la réglementation relative au dégroupage et à la concurrence. Cependant, malgré l’obligation de dégroupage total, les conditions d’accès au réseau optique de NTT restent contestées par les autres opérateurs. Deux types d’abonnements FTTx grand public existent au Japon :

- pour résidence individuelle (maison, appartement) en FTTH ;

- pour immeuble en copropriété en FTTB+VDSL (la fibre s’arrête en bas de l’immeuble et est distribuée dans les appartements abonnés en Very high bit-rate DSL).

Pour rappel, les offres FTTx à disposition de l’abonné permettent un débit de 100 Mbps pour le grand public et 1 Gbps pour les professionnels, contre 50 Mbps maximum (selon la distance) pour les offres ADSL.

 

FAI & multiple play.

Succès de la téléphonie sur IP.

La distinction au Japon entre fournisseurs d’accès Internet (FAI) et opérateurs est clairement marquée pour le consommateur. Celui-ci contacte directement le FAI, qui lui fournit logiciel d’installation et données d’identification, et se charge de contacter l’opérateur partenaire choisi par le client, qui installe la ligne et fournit le modem. Dans le cas d’une offre IPTV, le client doit revenir vers son FAI qui fournit généralement la set-top box et le service (proposé par un opérateur spécialisé).

On retrouve au Japon deux grands types de FAI : les filiales d’opérateurs (Yahoo! BB de SoftBank, OCN de NTT Communications et Plala de NTT East, Dion de KDDI) et les entités appartenant à de grands groupes d’électronique (@nifty de Fujitsu, Biglobe de NEC, So-net de Sony). SoftBank offre uniquement l’accès via sa filiale FAI, KDDI est depuis peu lié à quatre autres fournisseurs, alors que NTT opère l’accès via tous les FAI existants ou presque.

On estime entre 1 et 2 millions le nombre d’utilisateurs de Skype au Japon, la plupart utilisant uniquement le service gratuit, tandis que plus de 10 millions de japonais sont abonnés à de la téléphonie IP payante via un opérateur Internet (la plupart en double play).

C’est historiquement Softbank qui a lancé l’attrait des Japonais pour la téléphonie IP en proposant du double play très bon marché sur son offre ADSL dès 2001 (61 % des abonnés ToIP en mars 2004), mais l’essor de la FTTx explique sa baisse de parts de marché et la montée en puissance de NTT sur ce segment (opérateur numéro 1 sur FTTx). En mars 2005, Softbank représentait 45 % des abonnés ToIP, et NTT 25 % (KDDI 14 %).

IPTV marginale, quadruple play pour 2007 et FMC en ligne de mire.

En comparaison, la télévision sur IP (ou IPTV) reste marginale, avec une estimation de 100 000 abonnés en 2005 (4 opérateurs existants). Ce manque d’intérêt pour l’IPTV se justifie probablement par le grand nombre de chaines hertziennes disponibles (une douzaine), la forte pénétration du satellite BS(29,5 % des foyers en décembre 2005) et du câble (comprenant généralement les bouquets BS et CS) : 35,5 % des foyers fin 2005.

De plus, pour une question de droits d’auteur, les chaines hertziennes ne sont pas disponibles en IPTV, ni même en VOD (vidéo à la demande). Des programmes hertziens sont cependant disponibles en streaming sur Internet (principalement les informations). 2007 devrait être l’année du quadruple play avec les premiers mobiles 3G/WLAN pour le grand public (des modèles pour professionnels sont déjà disponibles). Le développement du quadruple play a été retardé pour deux raisons : absence d’opérateurs de réseau mobile virtuel, les MVNO (malgré la dérèglementation existante), et partage strict des activités mobiles et fixes chez l’opérateur historique NTT.

L’arrivée de SoftBank et eAccess sur le marché mobile (qui ont annoncé l’ouverture de leurs réseaux aux MVNO), le développement de l’activité fibre optique de KDDI (rachat des activités de TEPCO), ainsi que la dérégulation visant à autoriser NTT à proposer des offres fixes/mobiles communes et à pousser les opérateurs à ouvrir leur réseau devraient donc favoriser l’essor du quadruple play.

De plus, les principaux opérateurs mobiles au Japon travaillent actuellement sur la mise en place d’un service 3,9G/4G de type MIMO et effectuent désormais des tests grandeur nature de leur future technologie, en mouvement, avec notamment du WiMAX mobile (prévu pour 2008).

Contenus Web et e-commerce.

Essor du Web 2.0 via les SNS et la vidéo

On retrouve bien évidemment au Japon tous les services étiquetés 2.0, tels que les flux RSS, le podcasting, etc. et le Web « social » rencontre un véritable succès.

Le nombre de Japonais utilisant des services de réseaux sociaux (ou SNS pour Social Networking Services) sur Internet a grimpé à près de 9 millions en août contre un peu plus de 7 millions en mars 2006. Ce type de services a été introduit au Japon en 2004 par des entreprises telles que Mixi, Gree et Yubitoma. Mixi est l’acteur principal de ce marché avec en juillet plus de 5 millions d’abonnés. Plus de 60 % de ceux-ci ont une vingtaine d’années.

En 2006, les principaux acteurs d’Internet au Japon que sont Yahoo! Et Rakuten (portail hébergeur de sites marchands, autrement dit galerie marchande en ligne) ont décidé de pénétrer ce marché, renforçant ainsi fortement la concurrence. SoftBank (maison mère de Yahoo! Japan) a également été chargé par MySpace de développer la version japonaise du site. A titre de comparaison, on comptait en mars 2006 8 millions de bloggeurs, soit 1 million de plus que les abonnés SNS à l’époque.

Vidéo à la demande, partage et copyright.

En matière de partage de vidéo en ligne, YouTube est numéro 1 au Japon, avec 4 millions de visiteurs en mai 2006, soit près de 10 % des internautes japonais, chiffre impressionnant pour un site anglophone. En découle des problèmes de propriété intellectuelle et de droits d’auteurs pour certaines d’entre elles : il y a quelques mois, plusieurs vidéos de NHK, groupe de chaînes publiques japonaises, ont été retirées à la demande de la chaîne, et plus récemment, un groupe de 23 organismes japonais – chaînes de TV et représentants des ayants droits – ont demandé à YouTube de supprimer près de 30 000 vidéos violant leur copyright.

Il existe également de nombreux sites Internet de VoD, généralement en streaming : payant par accès/par vidéo, ou gratuit avec publicité incrustée à la vidéo. Bien qu’à succès ce marché semble pour le moment peu profitable (aucun modèle économique convaincant ne s’est encore dégagé). La VoD via set-top box semble plus rentable, même si le marché est encore minime. Le marché global du contenu (musique, jeux vidéo, livres, etc.) en ligne représentait, en 2004, 690 milliards de yens, soit 4,6 milliards d’euros (+ 29 % en un an), selon le MIC.

Succès du e-commerce au Japon malgré un tassement sur le B2C.

Outre les contenus, l’évolution du haut puis du très haut débit a également favorisé le développement du commerce électronique ou e-commerce. Selon le METI (Ministry of Economy, Trade and Industry), le marché du e-commerce B2B serait au Japon de 140 000 milliards de yens, soit près de 940 milliards d’euros (+ 36,3 % sur un an). Il représenterait une part très importante de l’ensemble des flux entre entreprises : 12,9 %, contre seulement 5,7 % aux Etats-Unis (plus de 600 milliards d’euros).

A contrario, le marché B2C serait moins impressionnant, avec « seulement » 3 500 milliards de yens, soit plus de 23 milliards d’euros (1,2 % du marché), contre plus de 106 milliards d’euros pour les Etats-Unis (2,4 %). Il enregistrerait de plus une sévère baisse en comparaison de l’année 2004 : - 38 %, et reviendrait à un niveau pré-2003.

 

Régulation.

Le monopole de NTT sur la fibre est contesté.

Suite à la réussite des plans nationaux e-Japan en 2000 et e-Japan II en 2003 visant à promouvoir les TIC au Japon (« e » pour electronic), le MIC a lancé son propre plan quinquennal u-Japan en décembre 2004 (« u » pour ubiquitous), suivi par le nouveau plan national New IT Reform Strategy en janvier 2006. Selon ces deux plans, le MIC a défini en août sa Next- Generation Broadband Strategy 2010 afin de préciser les objectifs à atteindre en matière de haut débit fixe et mobile.

Le MIC est également l'autorité en charge de la régulation et de la politique dans le secteur des TIC (télécommunication et audiovisuel), via deux sections. Le Telecommunications Bureau se charge des sujets télécom et centralise la gestion et le contrôle du spectre, alors que le Information and

Communications Policy Bureau, se charge de l'élaboration des politiques générales dans les TIC et du secteur de l'audiovisuel.

Règlementation et accès au marché.

Le paysage concurrentiel actuel résulte de plusieurs évolutions successives depuis l’ouverture des marchés par la Diète en 1984. Si NTT reste dominant sur le réseau avec ses filiales régionales, la concurrence s’exerce grâce au dégroupage. Pour le réseau cuivré, le dégroupage a semble-t-il fonctionné, mais en FTTx, où les derniers mètres posent problème, NTT reste largement dominant.

Le démantèlement total du groupe, évoqué récemment par le MIC, a finalement été repoussé à 2010, date à laquelle le Ministère souhaite que l’ensemble de la population soit connecté en FTTx. NTT annonce pour cette date un objectif de 30 millions d’abonnés en fibre.

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