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Photographie
n°1: plan de riz. Culture en terrasse dans
la région de Fukui. |
Le Japon est un archipel volcanique dont quatre îles
(Hokkaidô, Honshu, Kyushu et Shikoku) représentent
96% de la superficie totale, soit 378 000 km2.
Les zones de montagnes et de forêts représentent les
deux tiers du territoire, la surface agricole
seulement 12,6 %.
En dehors des ressources
halieutiques et du bois
l'archipel est dépourvu de ressources naturelles et
énergétiques. Si ces facteurs naturels expliquent en
partie le faible taux d’autosuffisance alimentaire,
la taille des exploitations agricoles, qui résulte
de facteurs historiques et sociologiques, concourt
également à cette situation. L’agriculture japonaise
se caractérise en effet, hormis le Hokkaido, par un
grand nombre de petites exploitations dont la
plupart ont une taille inférieure à deux hectares.
Seules 48 000 exploitations, soit 2 % du total ont
une superficie supérieure à cette taille. Dans le
Hokkaido en revanche la moitié de ses 58 000
exploitations ont une taille supérieure à 10
hectares. Le nombre total d’exploitations s’élève à
2,9 millions, parmi lesquelles 2,2 millions
d’exploitations professionnelles au sein desquelles
441 000, soit 20 %, sont à temps plein.
La population agricole totale compte 9,4 millions de
personnes (7,4 % de la population totale) dont 3,4
millions, soit 36 %, ont une activité uniquement
agricole. Le déséquilibre de la pyramide des âges de
la population agricole est important, puisque 70 %
de cette population a plus de 55 ans (contre 25 %
pour l’ensemble de la population active). Enfin, il
convient de signaler l’importante évolution de la
déprise des terres agricoles : en 20 ans la surface
agricole est passée de 14,2 % du territoire à
12,6 % soit une diminution de 665 000 ha.
L'agriculture ne représente qu'une très petite
proportion du PIB (1,4 %) et de l'emploi (5,3 %), ce
qui traduit également la faible productivité de la
main d'œuvre dans le secteur agricole en comparaison
de la moyenne nationale. Le niveau global d'aide
publique à l'agriculture est supérieur à la moyenne
de l'OCDE puisqu’en 2004, le total des transferts en
faveur du secteur agricole a représenté 1,3 % du
PIB, soit presque la part de l'agriculture dans le
PIB. On constate cependant de fortes différences à
l’intérieur du secteur agricole lui-même (le soutien
accordé aux producteurs de céréales est ainsi
proportionnellement le double de celui apporté la
production de sucre). Enfin, les neuf dixièmes de ce
soutien sont réalisés par des prix de marché
résultant de droits de douanes élevés.
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Photographie n°2: récolte. |
Productions et importations.
Peu de productions permettent de
couvrir totalement la consommation du Japon, qui est
le plus gros importateur net mondial.
La production agricole du Japon n’est cependant pas
négligeable. En valeur les principales productions
sont les légumes et le riz, puis l’élevage laitier,
les fruits et les volailles. En volume, le Japon
produit 14 millions de tonnes (MT) de légumes, 9 MT
de riz, 1,1 MT de blé et orge, 4,2 MT de betterave à
sucre, 1,2 MT de canne à sucre, 4 MT de pommes de
terre et patates douces, 3,2 MT de fruits, 3 MT de viande, 8,3 MT de lait, 2,4 MT d’œufs…
Cette
production est cependant insuffisante pour répondre
à la demande intérieure : sur une base calorique le
taux d’autosuffisance est globalement passé de 70 %
après guerre à environ 40 % aujourd’hui,
principalement sous l’effet de l’évolution des
habitudes alimentaires, faisant plus de place aux
protéines animales. Ce taux est cependant de 70 % en
valeur de production et recouvre des disparités
importantes. Ainsi, ce taux varie en fonction des
productions animales : 44 % pour la viande bovine
(650 000 tonnes d’importation), 50 % pour la viande
porcine (1,3 MT d’importation), 67 % pour la viande de
volaille (importations de 1,3 MT). Globalement, le
taux d’autosuffisance est de 53 % pour la viande.
Par ailleurs, si le Japon est un gros importateur de
produits de la mer, il se classe en 6e position dans
le volume de capture (4,5 millions de tonnes),
derrière la Chine, le Pérou, le Chili, les
Etats-Unis et l’Indonésie.
Avec les préparations à
base de poisson et de viande, les produits d’origine
animale représentent plus de 50 % du total des
importations. En ce qui concerne les produits
végétaux, le taux d’autosuffisance est plutôt élevé
pour les légumes 83 % et le riz 96 %. Le Japon
couvre ses besoins en riz mais doit ouvrir un
contingent annuel à droit nul, établi lors des
négociations du cycle de l’Uruguay (GATT),
correspondant à l’équivalent de 767 000 tonnes de
riz non décortiqué. Ce riz est stocké et utilisé
soit pour l’industrie de transformation soit pour
l’aide alimentaire. Les importations de céréales
représentent 26 millions de tonnes dont 65 % de maïs
et 20 % de blé.
Pour ces deux produits le Japon dépend entre 80 et
90 % des importations, principalement en provenance
des Etats-Unis (à 97 % pour le maïs), du Canada et
de l’Australie. 46 % du maïs semence, soit 847
tonnes, vient de France.
Le taux d’autosuffisance pour les fruits est de 44
%. Signalons plus particulièrement la question des
pommes fraiches dont l’importation est soumise à des
fortes contraintes phytosanitaires liées à la
crainte de la propagation du « feu bactérien » au
Japon. Les USA ayant soulevé cette question auprès
de l’organe de règlement des différents à l’OMC, ces
deux pays ont conclu un accord en 2005 visant à
l’assouplissement de ces règles.
La politique agricole du Japon.
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Photographie
n°3: Centre agricole de Nagoya. |
Vers une évolution des structures
agricoles ?
Le tarif douanier est le principal instrument de
politique commerciale employé par le Japon.
S’agissant de l’ensemble des importations, la
plupart des produits sont importés en franchise de
droits ou à des droits très faibles et la moyenne
simple des droits NPF (nation la plus favorisée)
était de 6,5 % en 2006. Le secteur agricole reste
quant à lui protégé de la concurrence étrangère, le
tarif NPF moyen appliqué aux produits agricoles sur
la même période étant de 18,8 %. Par ailleurs de
nombreux sous-secteurs de l'agriculture bénéficient
d'une protection tarifaire NPF relativement élevée,
tels que les graines oléagineuses, la production
laitière, la production de sucre ou la minoterie.
Par ailleurs, la moyenne simple des droits
spécifiques (non proportionnels à la valeur des
importations dans le secteur agricole) était
d’environ 80 %. Des contingents tarifaires sont
également sont mis en place afin de protéger les
produits les plus sensibles tels que le riz, le blé
et l’orge, les produits laitiers et amidon. Par ce
mécanisme, qui consiste à déterminer un volume de
produits pour lequel un tarif plus faible voire nul
est appliqué, l’Etat décide de la quantité, de la
période, et du prix de revente sur le marché
japonais. Ces contingents sont administrés soit par
le ministère de l’agriculture soit par
l’Agricultural livestock industries corporation (ALIC),
organisme placé sous l’autorité de ce ministère.
Des aides directes sont versées sous forme de
compensation de variations de revenu, de prix ou de
coût de productions, ainsi que sous forme de
versements aux producteurs de riz dans le cadre du
programme de limitation de la production de riz. Le
montant de la Mesure global de soutien (voir site
OMC) déclaré par le Japon en 2007 pour l’année 2003
s’élevait à 641,8 milliards de yen, et le versement
direct pour le riz à 68,2 milliards de yen. Depuis
2005, le ministère de l’agriculture met en œuvre une
politique agricole qui évolue vers une plus grande
concentration des aides sur les « agriculteurs
principaux ». D’autres mesures sont mises en œuvre
dans le cadre de la politique commerciale du Japon
tels que les clauses de sauvegarde (viande de porc),
les assurances, les stockages...
En mars 2005 le Japon a adopté un « plan fondamental
pour l'alimentation, l'agriculture et les zones
rurales » visant à rehausser le coefficient
d'autosuffisance, assurer l'innocuité et la sécurité
des produits alimentaires, susciter la confiance des
consommateurs, canaliser le soutien apporté par
l'État vers les agriculteurs principaux, promouvoir
les exportations de produits agricoles japonais de
qualité… En avril 2006 le MAFF a présenté un
programme de réalisation de ce plan fondamental dont
les deux thèmes principaux s’articulent autour la
stratégie du Japon à l’international et la réforme
de l’agriculture. À l’international, notamment, le
Japon s’est engagé dans un programme ambitieux
d’accords bilatéraux, mais qui ont jusqu’à présent
comporté peu de volets agricoles à l’exception de
l’accord de partenariat économique avec l’Australie
dont les négociations ont débuté en avril 2007.
L’industrie agroalimentaire japonaise.
L’industrie agroalimentaire japonaise (IAA) compte
près de 40 000 entreprises employant un peu plus de
1 million de salariés. Ce secteur représente près de
12% de la production industrielle japonaise (22 415
milliards de yens en 2005, soit 163,8 milliards
d’euros). La production agroalimentaire japonaise
est caractérisée par un extrême morcellement de
l’activité, à l’image de la diversité des produits
alimentaires de ce pays. Toutefois, l’univers des
boissons, qu’elles soient alcoolisées, de l’univers
des « soft », des jus, des eaux ou du thé vert, est
prédominant.
Même si le Japon possède de nombreuses
multinationales dont les activités sont très
diversifiées, il faut souligner que près de 60% des
IAA sont des TPE (moins de 10 salariés). A l’opposé,
on recense plus de 30 IAA ayant un CA de plus de 1
milliards d’euros. |