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Très haut débit: Explosion du marché
de la fibre optique.
Au début des années 90, l’opérateur historique NTT
avait opté pour une stratégie à long terme basée sur
l’accès en fibre optique (FTTx). L’introduction, à
partir de 2001, des premières offres ADSL par
SoftBank (filiale BB Technology) – avec un marketing
très agressif – a stoppé le développement du FTTx et
a contraint NTT de se lancer sur ce nouveau marché.
Aujourd’hui cette stratégie commerciale est
également appliquée à la fibre optique, et pour
l’utilisateur, la différence de prix entre l’ADSL et
le FTTx est devenue relativement faible (notamment
sur les premiers mois).
L’accès à Internet au Japon est en fait le moins
cher au monde : 7,46 euros en moyenne par mois et
par abonné (0,06 euros pour 100 kbps).
Sur l’ensemble de l’année fiscale 2005, le nombre
d’abonnés au FTTx a connu une variation de + 88,4 %
sur 12 mois contre + 6,2 % pour l’ADSL. Le FTTx
gagne des parts de marché de plus en plus rapidement
depuis 2003, alors que la croissance de l’ADSL s’est
ralentie au point d’être dépassée par l’accès CATV
(mars 2006 : 820 000 abonnés supplémentaires en
fibre optique, contre 80 000 sur CATV et seulement
37 000 en ADSL). Le nombre d’abonnés au FTTH devrait
dépasser celui de l’ADSL fin 2007, début 2008.
En matière de WLAN publics (hotspots), on dénombrait
environ 6 millions d’utilisateurs fin 2005 (accès
généralement payant), alors que les connexions par
satellite et par courants porteurs en ligne sont
quasi inexistantes.
Le déploiement des réseaux (cuivre et désormais
optique) est soutenu par les programmes
gouvernementaux, et de façon indirecte grâce à la
réglementation relative au dégroupage et à la
concurrence. Cependant, malgré l’obligation de
dégroupage total, les conditions d’accès au réseau
optique de NTT restent contestées par les autres
opérateurs. Deux types d’abonnements FTTx grand
public existent au Japon :
- pour résidence individuelle (maison, appartement)
en FTTH ;
- pour immeuble en copropriété en FTTB+VDSL (la
fibre s’arrête en bas de l’immeuble et est
distribuée dans les appartements abonnés en Very
high bit-rate DSL).
Pour rappel, les offres FTTx à disposition de
l’abonné permettent un débit de 100 Mbps pour le
grand public et 1 Gbps pour les professionnels,
contre 50 Mbps maximum (selon la distance) pour les
offres ADSL.
FAI & multiple play.
Succès de la
téléphonie sur IP.
La distinction au Japon entre fournisseurs d’accès
Internet (FAI) et opérateurs est clairement marquée
pour le consommateur. Celui-ci contacte directement
le FAI, qui lui fournit logiciel d’installation et
données d’identification, et se charge de contacter
l’opérateur partenaire choisi par le client, qui
installe la ligne et fournit le modem. Dans le cas
d’une offre
IPTV, le client doit revenir vers son
FAI qui fournit généralement la set-top box et le
service (proposé par un opérateur spécialisé).
On retrouve au Japon deux grands types de FAI : les
filiales d’opérateurs (Yahoo! BB de SoftBank, OCN de
NTT Communications et Plala de NTT East, Dion de
KDDI) et les entités appartenant à de grands groupes
d’électronique (@nifty de Fujitsu, Biglobe de NEC,
So-net de Sony). SoftBank offre uniquement l’accès
via sa filiale FAI, KDDI est depuis peu lié à quatre
autres fournisseurs, alors que NTT opère l’accès via
tous les FAI existants ou presque.
On estime entre 1 et 2 millions le nombre
d’utilisateurs de Skype au Japon, la plupart
utilisant uniquement le service gratuit, tandis que
plus de 10 millions de japonais sont abonnés à de la
téléphonie IP payante via un opérateur Internet (la
plupart en double play).
C’est historiquement Softbank qui a lancé l’attrait
des Japonais pour la
téléphonie IP en proposant du
double play très bon marché sur son offre ADSL dès
2001 (61 % des abonnés ToIP en mars 2004), mais
l’essor de la FTTx explique sa baisse de parts de
marché et la montée en puissance de NTT sur ce
segment (opérateur numéro 1 sur FTTx). En mars 2005,
Softbank représentait 45 % des abonnés ToIP, et NTT
25 % (KDDI 14 %).
IPTV marginale, quadruple play pour 2007 et FMC en
ligne de mire.
En comparaison, la
télévision sur IP (ou IPTV) reste
marginale, avec une estimation de 100 000 abonnés en
2005 (4 opérateurs existants). Ce manque d’intérêt
pour l’IPTV se justifie probablement par le grand
nombre de chaines hertziennes disponibles (une
douzaine), la forte pénétration du satellite BS(29,5 % des foyers en décembre 2005) et du câble
(comprenant généralement les bouquets BS et CS) :
35,5 % des foyers fin 2005.
De plus, pour une question de droits d’auteur, les
chaines hertziennes ne sont pas disponibles en IPTV,
ni même en VOD (vidéo à la demande). Des programmes
hertziens sont cependant disponibles en streaming
sur Internet (principalement les informations). 2007
devrait être l’année du quadruple play avec les
premiers mobiles 3G/WLAN pour le grand public (des
modèles pour professionnels sont déjà disponibles).
Le développement du quadruple play a été retardé
pour deux raisons : absence d’opérateurs de réseau
mobile virtuel, les MVNO (malgré la dérèglementation
existante), et partage strict des activités mobiles
et fixes chez l’opérateur historique NTT.
L’arrivée de SoftBank et eAccess sur le marché
mobile (qui ont annoncé l’ouverture de leurs réseaux
aux MVNO), le développement de l’activité fibre
optique de KDDI (rachat des activités de TEPCO),
ainsi que la dérégulation visant à autoriser NTT à
proposer des offres fixes/mobiles communes et à
pousser les opérateurs à ouvrir leur réseau
devraient donc favoriser l’essor du quadruple play.
De plus, les principaux opérateurs mobiles au Japon
travaillent actuellement sur la mise en place d’un
service 3,9G/4G de type MIMO et effectuent désormais
des tests grandeur nature de leur future
technologie, en mouvement, avec notamment du WiMAX
mobile (prévu pour 2008).
Contenus Web et
e-commerce.
Essor du Web 2.0 via
les SNS et la vidéo
On retrouve bien évidemment au Japon tous les
services étiquetés 2.0, tels que les flux RSS, le
podcasting, etc. et le Web « social » rencontre un
véritable succès.
Le nombre de Japonais utilisant des services de
réseaux sociaux (ou SNS pour Social Networking
Services) sur Internet a grimpé à près de 9 millions
en août contre un peu plus de 7 millions en mars
2006. Ce type de services a été introduit au Japon
en 2004 par des entreprises telles que Mixi, Gree et
Yubitoma. Mixi est l’acteur principal de ce marché
avec en juillet plus de 5 millions d’abonnés. Plus
de 60 % de ceux-ci ont une vingtaine d’années.
En 2006, les principaux acteurs d’Internet au Japon
que sont Yahoo! Et Rakuten (portail hébergeur de
sites marchands, autrement dit galerie marchande en
ligne) ont décidé de pénétrer ce marché, renforçant
ainsi fortement la concurrence. SoftBank (maison
mère de Yahoo! Japan) a également été chargé par
MySpace de développer la version japonaise du site.
A titre de comparaison, on comptait en mars 2006 8
millions de bloggeurs, soit 1 million de plus que
les abonnés SNS à l’époque.
Vidéo à la demande, partage et copyright.
En matière de partage de
vidéo en ligne, YouTube est
numéro 1 au Japon, avec 4 millions de visiteurs en
mai 2006, soit près de 10 % des internautes
japonais, chiffre impressionnant pour un site
anglophone. En découle des problèmes de propriété
intellectuelle et de droits d’auteurs pour certaines
d’entre elles : il y a quelques mois, plusieurs
vidéos de NHK, groupe de chaînes publiques
japonaises, ont été retirées à la demande de la
chaîne, et plus récemment, un groupe de 23
organismes japonais – chaînes de TV et représentants des ayants droits – ont demandé
à YouTube de supprimer près de 30 000 vidéos violant
leur copyright.
Il existe également de nombreux sites Internet de
VoD, généralement en streaming : payant par
accès/par vidéo, ou gratuit avec publicité incrustée
à la vidéo. Bien qu’à succès ce marché semble pour
le moment peu profitable (aucun modèle économique
convaincant ne s’est encore dégagé). La VoD via
set-top box semble plus rentable, même si le marché
est encore minime. Le marché global du contenu
(musique, jeux vidéo, livres, etc.) en ligne
représentait, en 2004, 690 milliards de yens, soit
4,6 milliards d’euros (+ 29 % en un an), selon le MIC.
Succès du e-commerce au Japon malgré un tassement
sur le B2C.
Outre les contenus, l’évolution du haut puis du très
haut débit a également favorisé le développement du
commerce électronique ou e-commerce. Selon le METI (Ministry
of Economy, Trade and Industry), le marché du
e-commerce B2B serait au Japon de 140 000 milliards
de yens, soit près de 940 milliards d’euros (+ 36,3
% sur un an). Il représenterait une part très
importante de l’ensemble des flux entre entreprises
: 12,9 %, contre seulement 5,7 % aux Etats-Unis
(plus de 600 milliards d’euros).
A contrario, le marché B2C serait moins
impressionnant, avec « seulement » 3 500 milliards
de yens, soit plus de 23 milliards d’euros (1,2 % du
marché), contre plus de 106 milliards d’euros pour
les Etats-Unis (2,4 %). Il enregistrerait de plus
une sévère baisse en comparaison de l’année 2004 : -
38 %, et reviendrait à un niveau pré-2003.
Régulation.
Le monopole de NTT sur
la fibre est contesté.
Suite à la réussite des plans nationaux e-Japan en
2000 et e-Japan II en 2003 visant à promouvoir les
TIC au Japon (« e » pour electronic), le MIC a lancé
son propre plan quinquennal u-Japan en décembre 2004
(« u » pour ubiquitous), suivi par le nouveau plan
national New IT Reform Strategy en janvier 2006.
Selon ces deux plans, le MIC a défini en août sa
Next- Generation Broadband Strategy 2010 afin de
préciser les objectifs à atteindre en matière de
haut débit fixe et mobile.
Le MIC est également l'autorité en charge de la
régulation et de la politique dans le secteur des
TIC (télécommunication et audiovisuel), via deux
sections. Le Telecommunications Bureau se charge des
sujets télécom et centralise la gestion et le
contrôle du spectre, alors que le Information and
Communications Policy Bureau, se charge de
l'élaboration des politiques générales dans les TIC
et du secteur de l'audiovisuel.
Règlementation et accès au marché.
Le paysage concurrentiel actuel résulte de plusieurs
évolutions successives depuis l’ouverture des
marchés par la Diète en 1984. Si NTT reste dominant
sur le réseau avec ses filiales régionales, la
concurrence s’exerce grâce au dégroupage. Pour le
réseau cuivré, le dégroupage a semble-t-il
fonctionné, mais en FTTx, où les derniers mètres
posent problème, NTT reste largement dominant.
Le démantèlement total du groupe, évoqué récemment
par le MIC, a finalement été repoussé à 2010, date à
laquelle le Ministère souhaite que l’ensemble de la
population soit connecté en FTTx. NTT annonce pour
cette date un objectif de 30 millions d’abonnés en
fibre. |