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Photographie n°1:
Samouraïs de Satsuma pendant la guerre de
Boshin (1868). Les personnages situés à
gauche présentent la célèbre coiffure "Chon-Mage". |
Le terme
de "samouraï" ou "samurai" renvoie à un individu, appartenant à la classe des
guerriers, au service d’un seigneur auquel il a prêté allégeance.
L’avènement des samouraïs est
le résultat d’une longue gestation de l’histoire japonaise (du
VIIIème siècle
au XVIIème siècle). Le temps des
samouraïs fut d'une durée plus modeste (du début du XVIIème
siècle à 1878).
Avant même la naissance de la
classe des samouraïs existait celle des guerriers (bushi
武士).
C’est cette dernière qui forma, avec sa prise du pouvoir, ses valeurs morales et
sa culture militaire, le terreau nécessaire à la constitution de ce corps
d’élite.
Les
guerriers japonais ont été successivement désignés par les termes « mono
no fu » jusqu’au VIIème siècle avant que ne soit utilisé le terme
de « bushi » (武士)
à partir du VIIIème siècle. Bien que, vers le VIIIème
siècle, le terme de « bushi » regroupe l’ensemble des guerriers, ce terme
évoluera par la suite (vers le XVIIème siècle) pour ne désigner que
les individus appartenant à une classe sociale supérieure (excluant ainsi les
samouraïs). Le terme de samouraïs désigne alors (vers le XVIIème
siècle) les guerriers au service du Shôgun , d’un daimyô ou d’un chef militaire.
Histoire.
La caste des guerriers, formation et prise du pouvoir.
L’origine des Samouraïs
n’est pas clairement déterminée. Plusieurs théories s’affrontent pour expliquer
l’avènement de cette classe de guerriers (population nomade, migration en
provenance de la péninsule coréenne, constitution en 792 d’un corps d’élite
professionnel suite à l’abandon de la conscription …).
Les premiers corps de
guerriers (vers le VIIIème siècle) furent constitués sous l’impulsion
de grandes familles cherchant à protéger leur terre. La puissance accumulée par
certains clans fut telle, qu'au Xème siècle, un vent de sédition fit
trembler le pouvoir central impérial. Le pouvoir impérial prit alors
l’habitude de faire appel a de grandes familles de guerriers Minamoto (源), Tachibana, Taira (平)… afin d’assurer, la sécurité de ses membres,
la stabilité les
régions séditieuses et continuer la conquête des territoires du nord (Hokkaidô).
Le mot alors employé pour
désigner cette garde rapprochée au service de la noblesse impériale était celui
de « Saburai ». Il semble que le terme de « Samourai », qui fait son apparition
plus tardivement, soit dérivé de ce terme.
Au XIIème
siècle, tout change. En 1180 le Japon traverse une période de guerre civile
nommée guerre de Gempei (源平合戦).
De puissants clans de guerriers s’affrontent pour s’assurer le contrôle de la
cour impériale. Chaque clan en présence les
Minamoto (源)
et les Taira (平)
soutient un candidat différent au trône. Le 25 avril 1185,
les
Minamoto (源) emportent une victoire définitive sur le clan des
Taira lors de la bataille navale « Dan-no-Ura ».
Au moment même ou les Taira sont défaits, s’ouvre au japon une nouvelle ère
nommée ère de Kamakura (1185 à 1333). Cette date, 1185, est éminemment
importante dans l’histoire du Japon.
Pour la première fois la
caste des guerriers au Japon est suffisamment forte pour prendre le pouvoir et
imposer un gouvernement militaire (bafuku). Le pouvoir restera entre les mains de
cette caste guerrière jusqu’en 1868 (restauration).
Le Japon est complètement
réorganisé au profit de ces familles de guerriers. Une noblesse militaire et
héréditaire (buke) est créée en parallèle à la noblesse de robe (kuge). Cette
nouvelle noblesse réorganise complètement la carte politique et économique du japon
qui se trouve unifié sous la tutelle d’un Shôgun . L’empereur continue d’exister
mais ne conserve qu’une position symbolique.
Au XVème siècle
le pouvoir central du Shôgun est largement diminué suite à d’incessantes guerres
de succession au sein de la famille des Ashikaga assumant alors cette position.
Chaque seigneur (daimyô) à la tête d’une terre suffisamment vaste se lance alors
dans des guerres de conquête à l’encontre de ses voisins. Bientôt des alliances
vont se nouer. Elles seront à l’origine de la constitution de grand corps de
troupe très structurés pouvant réunir plusieurs centaines de milliers de
combattants. Cette période de trouble, qui marque l’apogée de la domination de
la classe guerrière, se poursuivra jusqu’au XVIIème siècle. A partir de cette
date, le japon unifié sous les canonnades de Tokugawa Ieyasu lors de la bataille
de Sekigahara (20 Octobre 1600), va connaître une longue période de paix. C’est
dans cette période de paix que va prendre naissance et s’épanouir la classe des
samouraïs.
L’avènement de la classe des samouraïs.
Les Samouraïs sont au
service d’un daimyô ou du Shôgun . Ils ont un rôle de protection et de police.
Ils reçoivent en contrepartie de leur service une pension directement versée par
leur seigneur auquel ils ont juré fidélité. Contrairement à la période
antérieure ces guerriers se déplacent en kimono et non caparaçonné dans une
armure. Ils formeront une élite militaire « respectant » des règles de vie et
d’éthique très strictes. Ces règles, qui puisent leur source dans l’ancien code
oral des « bushi » nommé Kyûba no Michi (voie de l’arc et du cheval), fut
réformé couché par écrit dans un texte intitulé « Bushidô ».
Les samouraïs se
distinguaient du commun par le port du chon-mage (coiffure particulière
caractérisée par la tonsure d’une partie du crane) et du Daishô. Le daishô,
privilège des samouraïs, est un ensemble de 2 sabres (un long (katana) et un
petit).
La fleur de cerisier,
fragile et éphémère, comme la vie d’un samouraï fut choisie comme le symbole de
leur classe.
La classe des samouraïs
subsista jusqu’aux premières années de
la restauration Meiji en
1868. A cette date, partisans
du Shôgun et de l’empereur s’affrontent et à travers eux ainsi que du système
d’allégeance formulé à leur seigneurs (daimyô), les samouraïs. La victoire des
partisans de l’Empereur Meiji marque le glas de la classe des samouraïs.
Dès 1869, le pouvoir
impérial redessine la carte sociale du japon en instaurant 4 classes. La famille
impériale (kôzoku), l’ancienne noblesse (kazoku), l’ancienne classe des
samouraïs (shizoku) et le peuple (heimin).
En 1876 interdiction est
faite de porter le double
sabre et d’arborer le chon-mage (coiffure) privilège
de la classe des samouraïs. En 1878 une grande réforme vient bouleverser
l’organisation militaire. La conscription est mise en place mettant
définitivement à mal la classe des samouraïs. Après quelques révoltes, ceux-ci,
pour survivre, sont obligés de s’intégrer au système mis en place, en entrant
dans la fonction public (police, armée…). Ils formeront la colonne vertébrale
d’un japon en plein renouveau ayant besoin d’une élite disponible et éduquée. La
classe des shizoku (士族) est donc progressivement assimilée au commun avant
d’être abolie en 1947 lors de la promulgation de la constitution japonaise.
La vie privée
du samouraï
Le statut de samouraï
étant héréditaire, les fils de samouraï sont soumis à un enseignement et une
discipline très stricte. Au cour de son apprentissage pétri des dogmes
bouddhiste et zen, le jeune samouraï s’exerce aux arts de la guerre (équitation,
maniement su
sabre, tir à l’arc, lutte …), à l’écriture et à la lecture ainsi
qu’à la maîtrise et au dépassement de soi.
Les samouraïs sont
autorisés à se marier avec des femmes d’un rang égal ou supérieur et avec des
roturières pour les samouraïs de naissance plus humble. Une dote est apportée
par l’épouse au moment du mariage. Dans l’hypothèse où celle-ci est une
roturière le samouraï payait une certaine somme ou donnait une exemption de taxe à
la famille de la future épouse. Il était admis qu’un samouraï puisse avoir une
maitresse. Bien que possible les divorces soient rares au sein de la classe des
samouraïs, ils sont toujours possible aussi bien du côté de l’homme que de la femme
(très rarement). Un divorce est néanmoins souvent mal venu et peut rapidement
mettre dans l’embarras la personne ayant arrangé le mariage ou présenté les époux.
Une des raisons possible au divorce était l’impossibilité d’avoir des enfants.
Mais même dans cette hypothèse d’adoption est préférée.
Les fils issus du couple,
seront samouraïs. Le nom donné au fils est souvent issu de l’association de
plusieurs Kanji. Un Kanji provenant du père ou du grand-père et un nouveau kanji
spécialement choisi.
Le samouraï étant souvent
en « service », on attend de l’épouse d’un samouraï qu’elle
ait la force et la
connaissance nécessaire au maintien du domaine et qu’elle puisse assurer sa
défense. A ce titre elle se doit d’être une bonne gestionnaire et de savoir
manier les armes ( un long manche surmonté d'une lame: « Naginata » (なぎなた), long couteau : « kaiken ».
Sur le plan privé elle
devait s’occuper des enfants et des parents et être tout à la fois humble,
loyale et soumise. En dépit de cette « idéal » féminin cela n’empêchait
nullement certaine femme de posséder influence et pouvoir.
A noter que les samouraïs
se livraient à la pratique du shudō (衆道) (homosexualité). Cette pratique était
encouragée au sein de la classe des samouraïs. Afin que ceux-ci conserve virilité
et vertus.
La vie
publique du samouraï
La vie du samouraï est
entièrement tournée vers les arts de la guerre et sa relation envers
son maître. Il devait dans ses actes obéir à un code moral très strict nommé « Bushidō »
(la voie du guerrier - 武士道). Ce code est tourné vers la loyauté, l’honneur, le
sens du devoir et du service, l’endurance et la persévérance. Si jamais un
samouraï venait à perdre la face il pouvait retrouver son honneur au travers du seppuku (切腹) (suicide rituel).
La relation
maître/serviteur revêt une telle importance qu’un samouraï sans seigneur est
appelé « Rônin » (浪人). Cette situation pouvait subvenir lors du décès de leur
seigneur, ou lorsque celui-ci avait commis une faute. Devenant « Rônin » le
samouraï n’a plus de raison d’être, il n’appartient plus à sa classe, et est
considéré comme un paria. Il se retrouve souvent démuni ou avec des moyens très
modestes.
Les samouraïs se
distinguaient du commun par le port du daishô. Le daishō (大小) est le nom donné
au couple de
katana :« tachi » (太刀) et wakizashi (脇差). Le premier est un
sabre à longue lame
l’autre possède une lame plus courte. La lame du « tachi » était
originellement droite. Ce n'est qu'avec le temps qu'elle prit sa forme courbe
que nous lui connaissons aujourd'hui. L’association de ces
deux sabres était le
privilège et le signe distinctif d’appartenance à la classe des samouraïs.
Les samouraïs utilisaient
bien d’autres armes de jets et de points comme l’arc « Yumi » (弓), le
sabre
« tachi » (太刀), une sorte de faux « naginata », la lance « yari » (槍)… Au
total plusieurs dizaines d’armes différentes étaient utilisées par le samouraï. |