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Sujibachi Kabuto (casque à lamelles), œuvre de Myochin Nobuie (kao), période Muromachi, 1539 |
Le kabuto
correspond au “casque”. Il fait parti
intégrante de l’équipement
des
guerriers
japonais. Les premiers casques ont été largement influencés par les modes et
techniques de l’empire chinois tout proche. La kabuto est un bon indicateur de
la société japonaise au travers les âges. Il a en permanence évolué au gré des
guerres, des périodes de paix, des évolutions techniques et des modes. Les
kabuto sont aujourd’hui très prisés des collectionneurs. On les classe en
fonction de leur forme et époque («Sujikabuto», « Mononari», « Boshi Kabuto »,
« Kawari Kabuto »…
Composition.
Le casque est
avant tout un simple bol de métal (hachi) percé d’un trou (tehen) afin d’assurer
une ventilation. A l’origine ce trou n’avait pour objectif que celui de laisser
passer la longue chevelure des
guerriers japonais. Sur ce bol se trouve fixé 4
clous matérialisant les horizons, et une visière (maebashi). La forme du casque a évolué au fils du temps. La forme ronde des débuts est progressivement abandonnée. Le casque de type «akodanari» de forme potelée et bombée , évoquant un melon, apparu vers la fin du XVème siècle. Vers la fin du XVIème siècle la mode est aux casques de formes élaborées, hautes et parfois très originales appelés «kawari kabuto».
Le casque
était composé de 3 à plus d’une centaine de plaques métalliques rivetées entres
elles. Ce sont ces plaques articulées qui constituaient le protège nuque (shikoro). Pour des raisons de coût et de temps, les modèles les plus récents ont eu tendance à n'être composés que d'un nombre limité de plaques de métal (voir que d'une seule plaque).
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Sujibachi Kabuto (casque à lamelles) |
Protections.
La fonction
première du casque était de protéger son hôte. Pour ce faire, un certain nombre
d’éléments sont venus se fixer sur ce dernier. En premier lieu le protège nuque
(shikoro). Celui-ci était constitué de plaque de métal rivetée entre elles. Le
protège nuque est particulièrement imposant à partir de l’ère de kamakura (1185
à 1333 ap. J.-C.) au
point de recouvrir le haut du dos.
Les rivets (Hoshi)
ont évolué avec le temps avant de
disparaître sous l’ère de Muromachi (1333
à 1582 ap. J.-C.) allégeant et solidifiant ainsi la structure.
En sus de la visière, destinée à protéger les yeux, existaient des ailettes
(fukigaeshi) ou des cornes (kuwagata) situées sur les côtés destinées à parer
les coûts latéraux.
Pour protéger la face, un masque total (somen) ou partiel (menpô - moitié basse du visage)
pouvait être ajouté. De même, le nez, pouvait faire l’objet d’une protection
spécifique à l’aide d’une petite pièce de métal amovible. Ces protections,
embarrassantes, seront abandonnées pendant
l’ère
Azuchi-momoyama (1582 à 1603 ap. J.-C.) avant d’être à nouveau
utilisée, pour leur caractère décoratif, sous l’ère Edo (1603 à 1868 ap. J.-C.). Photographie ci-contre: Sujibachi Kabuto (casque à lamelles) et Menpo (demi-masque), signé Echizen no kuni Toyohara ju Bamen Sadao (Sadao, de l'école Bamen, habitant Toyohara, province d'Echizen) fin période Muromachi (casque) à période Momoyama (masque), fin 16ème siècle.
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Oitaragainari kawari kabuto
(casque en forme de coquillage)
Début de l'époque Edo, 17ème siècle
Fer, lacets, papier-mâché |
Ornement.
Passé le
faste de la période de kamakura (1185 à 1333 ap. J.-C.) où les casques étaient
ornés, par exemple, de cornes imposantes, Muromachi (1333
à 1582 ap. J.-C.) est une période
plus austère. La sobriété apparente des casques durant cette période s’explique
par les changements s’opérant sur le théâtre des champs de bataille. La guerre
devient plus mobile, les groupes de combat plus petits et la nécessité de
se singulariser pour diriger de grand mouvement de troupe perd de son intérêt.
Sous l’ère
Azuchi-momoyama
(1582 à 1603 ap. J.-C.) la démesure est de rigueur. Sous se florilège de
création, qui n’a d’autre objectif que celui d’affirmer sa puissance, tous les
thèmes son abordés (animaux, mythologie, éléments naturels…). Il est entendu que
ce type de casque était réservé aux seigneurs (daimyô) et généraux. La piétaille
(soldats à pied) n’avait pas l’autorisation de revêtir ce type de casque. Le
simple soldat ne portait qu’un chapeau plat nommé « jingasa ».
L’ornementation latérale des casques porte le nom de « wakidate,
sur le dessus « maedate », au sommet « kashiradate » et à l’arrière « ushirodate ».
Le « mon », symbole de la famille ou du clan, était souvent frappé sur le
casque.
Sous l’ère Edo, alors même que le Japon traverse une relative
stabilité, les casques continuent à être produits. La rivalité entre puissants ne
se faisant plus sur les champs de bataille, elle trouve à travers des décors
ostentatoires des kabuto un nouveau moyen d’expression.
Dès le début de l’ère Meiji (1868 à 1912 ap. J.-C), les grandes
réformes sociétales mises en place par l’empereur, la « révolution » technique et
scientifique transformant le pays, l’interdiction du port du sabre (1876), la
conscription obligatoire, font tomber l’armure en désuétude. Photographie ci-dessus: le casque représenté est constitué d'une coiffe de fer surmontée d'une structure en papier-mâché qui représente une coquille Saint-Jacques géante. Toutefois, si l’on observe attentivement ce casque, la forme peut prendre un aspect différent. Ce qui paraissait correspondre à la charnière de la coquille semble représenter des nageoires de poisson et un corps avec une queue frappant l'eau énergiquement
Photographies: musée du quai Branly- collection Ann et Gabriel Barbier-Mueller. |