ANALYSE D'UN SABRE

 
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Photographie:  ©JNTO

   
 

L’étude de la lame est une source intarissable d’informations la concernant. Mais cette étude est assez difficile pour un néophyte et peut prendre plusieurs heures. Certains professionnels dressent une véritable carte d’identité de la lame en produisant une sorte de calque sur papier de riz de la lame (oshigata) en y notant tous les incidents.

A partir de cette analyse, il possible de déterminer la provenance de celle-ci, de lui attribuer une école de forge, un forgeron, une date et donc une valeur.

Pour être dans des conditions optimales d’observation la lame doit être polie et regardée en pleine lumière. Pour une bonne observation nous vous conseillons de vous munir de lampe de poche afin d’observer la lame à la lumière rasante et de toujours commencer par l’aspect général avant de vous pencher sur les détails du sabre.

Pour vous aider dans vos démarches nous vous proposons de passer en revue les points essentiels pour une bonne analyse.

L’aspect général. 

La courburela structure, le dos et la pointe de la lame.

 

La structure de la lame.

Le grain, la trempe, la ligne de trempe, l’activité, la gorge, les inscriptions.

 

La soie.

La forme, l'extrémité, les stries et la signature.

L’aspect général.

L’observation porte sur 4 points : la courbure,  la structure, le dos et la pointe de la lame.

La courbure (反り) du sabre.

Le degré de la courbure (sori) et son positionnement sur la lame permet d’identifier l’école à l’origine de la fabrication du sabre et de dater la lame. On distingue ainsi les sabres du type saki-zori (先反り) dont la courbure est située proche de l’extrémité du sabre, les sabres koshi-zori (腰反り) dont la courbure se trouve non loin de la garde, et enfin les sabres dont la courbe se dessine au milieu de la lame (torii-zori - 華表反).

Les défauts à repérer : Une lame à la courbure trop accentuée peut indiquer que celle-ci a été retrempée. Retremper une lame revient à lui faire perdre toutes ses propriétés originelles et la dévalue complètement.

La structure (造込み)

Observer la structure de la lame c’est observer si celle-ci est plate ou non, si son arête est située près du centre (moroha-zukuri - 両刃造), si cette même arête est courbe (shinogi-zukur - 鎬造), proche du dos de la lame (moroha-zukuri - 両刃造)... On distingue environ 9 structures de lames différentes.

Les défauts à repérer : aucune fissure ou ridule (mukade shinae) ne doit apparaître au niveau du plat de la lame. Au niveau des arêtes de la lame la couleur doit être parfaitement uniforme. Si des petits effets brumeux apparaissent cela traduit une faiblesse au niveau du métal utilisé. On nomme ces défauts « utsuri ».  De même une attention particulière doit être portée afin de déceler des éventuelles poches d’air. Ces poches d’air (fukure yabure - 脹撓) sont considérées comme des erreurs de forge dévaluant le sabre. Elles peuvent être réparées (comblées) en utilisant le métal de la soie (partie de lame située à l’intérieur de la poignée). Si cette réparation utilise un autre métal, celle-ci est alors considérée comme un défaut supplémentaire (umegane).

Le dos () de la lame.

On rencontre 4 types de dos (mune) possible. Le dos de la lame est soit arrondi (maru-mune - 丸棟),  soit plat (kaku-mune - 角棟), avec une arête (iori-mune - 庵棟) ou deux (mitsu-mune - 三棟).

Les défauts à repérer : les fissures ou imperfections, mêmes minimes, au niveau du dos de la lame (mune Shinae, mune Ware …) sont considérées comme des défauts non acceptables.

La pointe (切先).

Il n’existe que 3 types de pointe (hissaki). Celle-ci est soit petite (ko-kissaki), moyenne (chu-kissaki) ou grande (o-kissaki).

Les défauts à repérer : Une fissure peut parfois apparaître au niveau de la pointe. Ce défaut faisant perdre une grande partie de la valeur de la lame porte le nom de « karasuguchi ». L’existence d’une pointe bien proportionnée avec un boshi (ligne de trempe de la pointe) indique que le sabre n’a pas été trafiqué (coupé).

  

La structure de la lame.

Une fois l’analyse de l’aspect général de la lame menée, il est possible de se pencher sur les détails de celle-ci. Afin d’approfondir vos investigations et de connaître précisément le pédigrée du sabre, certains points doivent être scrupuleusement étudiés. 6 points sont souvent passés au crible : le grain, la trempe, la ligne de trempe, l’activité, la gorge, les inscriptions éventuelles.

Le grain.

Le grain va dépendre de la nature, de la qualité et de la juxtaposition des lamelles de métal employé. Cette association de lamelles prend alors certaines formes caractéristiques (vaguelettes, lignes parallèles…) propre à identifier certaines écoles et certains forgerons. Chacune de ces formes prend un nom particulier (Ayasugi hada, Chirimen hada, Uzumaki hada…).

La composition de la lame varie d’une forge à l’autre. La formule ayant permise sa fabrication était tenue secrète et transmise de père en fils. A partir de la seconde guerre mondiale la formule employée est restée constante. Il est ainsi utilisé :

Matériaux :

Proportion en pourcentage :

Fer

98,12% à 95,22%

Carbone 

3,00% à 0,10%

Cuivre 

1,54%

Manganèse

0,11%

Tungstène

0,05%

Molybdène

0,04%

Titane 

0,02%

Silicium 

traces

Chrome 

Pouvant atteindre 13%

La Trempe.

C’est une étape cruciale dans la forge d’un sabre. Cette technique consistant en un refroidissement rapide de la lame permet de solidifier la partie trempée. La partie objet de ce traitement thermique était le tranchant de la lame. En changeant ainsi les propriétés du métal un effet de cristallisation apparaît en surface. C’est cet effet qui doit être observé.

Les défauts à repérer : Les fissures au niveau du tranchant. Ces fissures sont inacceptables. Elles peuvent être perpendiculaire au tranchant (hagire) ou oblique (hagarami). Ces fissures doivent être distinguées des chocs provenant de combats (kirikomi) qui, tout en étant préjudiciable à la solidité de la lame et à sa valeur, peuvent être acceptables. Il est nécessaire de s’assurer que la lame n’a pas fait l’objet de plusieurs trempages (sai ha). Ce défaut est particulièrement difficile à détecter. Il se traduit souvent par la présence prés du « munemachi » (près de la garde) d’un petit halo brumeux formant un angle aigu (mizukage) ou la présence de l’ancienne ligne de trempe.

Afin de conserver à la lame une certaine flexibilité, la trempe n’était pas opérée sur l’ensemble de la lame. Le dos et la partie épaisse de la lame étaient protégés par un mélange à base d’argile. A la frontière entre la zone protégée et la zone objet de la trempe se créé une sorte de ligne nommée « hamon » (ligne de trempe).

La ligne de trempe.

Elle s’observe sur l’ensemble de la lame. C’est à dire le long du tranchant jusqu’à la pointe. Le ligne de trempe située au niveau de la pointe porte un nom particulier : « bôshi » (帽子).

Cette ligne est l’objet de beaucoup d’attention de la part des amateurs et est vraiment la marque de fabrique d’un forgeron. On trouve des lignes de trempe en forme de vague, d’arc de cercle, de droite…

Les défauts à repérer : Les fissures au niveau du hamon (hagarami), un éclaircissement (ha jimi), une discontinuité (kakedashi) ou disparition (nioi gire) de la ligne de trempe sont autant de défaut faisant perdre quasiment toute valeur au sabre.

L’activité.

Alors que la lame du sabre fait l’objet d’une trempe partielle (la partie supérieure de la lame étant protégée de la trempe), Il est néanmoins possible que des incidents puissent subvenir. Tout ces « accidents » sont autant d’informations permettant d’identifier un sabre et de dresser sa « carte d’identité ».

La gorge.

Elément plutôt récent, les premiers sabres ne disposaient pas de gorge. Les gorges ont été crées au départ afin d’alléger et d’augmenter la résistance de la lame. Elles sont vite devenues un ornement de la lame et de ce fait prennent des formes très diverses.

Les inscriptions.

Votives ou décoratives, elles donnent à la lame un relief et une histoire toute particulière qui sont autant d’élément permettant de tracer ses origines.

 

La soie (nakago - ).

La soie est la partie invisible de la lame, la partie située à l’intérieur de la poignée. La soie est tout aussi importante que la lame. A ce titre, elle doit faire l’objet d’une attention toute particulière.

4 éléments forment les caractéristiques essentielles de la soie : la forme et la taille de la soie dans sa longueur, dans son extrémité, ses tries et sa signature éventuelle. 

La forme et la taille de la soie dans sa longueur.

On compte 8 formes possibles de soie : Elles sont toutes courbées mais l’intensité de la courbure peut être plus ou moins prononcée voire s’inverser. L’épaisseur peut se réduire progressivement ou rapidement (kijimomo-gata - 雉子股) à partir d’un certain niveau…

 

L’extrémité de la soie.

L’extrémité de la soie (Nakagojiri) peut être de forme triangulaire (kengyo - 劍形), perpendiculaire aux côtés (kiri - ), perpendiculaire au dos (iriyama-gata - 入山形), ou de forme arrondie (il en existe de 2 sortes).

Les stries.

Leur présence, leur intensité et leur direction donnent une indication sur la possible école de forge à l’origine de la création de la lame.

La signature (mei - ).

Eventuellement gravée sur le côté de la soie, elle indique l’école ou le forgeron qui a créé la lame. Elle n’apparaît plus sur les lames qui ont été raccourcies. En revanche elle peut avoir été ajoutée par la main d’un autre. Ces contrefaçons historiques portent le nom de gimei (偽名).

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