Cette fête, aussi dénommée Bon ou Urabon-e (于蘭盆会), célèbre le retour des âmes des ancêtres. Cette fête des
« âmes » ou des « morts » se déroulait
originellement chaque année du 13 au 15 juillet dans
le Kantô et du 13 au 15 août dans l’ouest du Japon.
Afin d’unifier ces dates et de les faire
coïncider à la période de prise de vacances,
l’O-Bon est désormais célébré du 13 au 15 août dans
tout le pays.
Histoire.
 |
|
Lanternes de papier sur les
berges de la rivière Sasebo enjambée par le
pont
Albuquerque.
|
Il semble que l’origine de cette fête religieuse
bouddhiste soit indienne. Le nom d’«Urabon-e»
(于蘭盆会)
proviendrait du terme sanskrit «Ullambana».
« Ullambana » signifierai
approximativement «pendu à l'envers en enfer et
souffrir». «Ullambana» fait directement
référence au sûtra éponyme. Ce sûtra raconte
l’histoire de Mokuren (nom japonais de
Maudgalyayana), disciple de Shakyamuni (Gautama
Buddha ou bouddha suprême).
Il
est ainsi conté que Mokuren eut un songe dans lequel
sa défunte mère était tourmentée au Royaume des
Esprits Affamés. Mokuren alla donc s’enquérir auprès
de son Maître pour savoir comment soulager sa mère
des tourments ainsi infligés. Le Maître lui
conseilla d’organiser au 15e
jour du septième mois une fête en l’honneur des sept
dernières générations de défunts.
Mokuren organisa la cérémonie conseillée. Comme le
Maître l’avait indiqué, la mère de Mokuren fut
libérée. De joie, Mokuren se mit à danser. De cette
danse naquit la danse nommée «Bon Odori», de
cette cérémonie naquit la cérémonie de l’O-Bon,
aujourd’hui encore pratiquée.
Cette cérémonie fut introduite de Chine, où elle
portait le nom de «Zhongyuanjie », auprès de la cour
impériale « japonaise » en 657. Vers le Xe
siècle elle se répandit largement au sein de la
population de l’archipel. Cette tradition devient si
fortement encré dans les mœurs que, dès l'époque
d'Edo
(1603 à 1868 ap. J.-C.), des congés ("yabuiri")
sont accordés aux domestiques afin de leurs
permettre
de visiter leurs ancêtres.
Même si cela est de moins en moins le
cas, l'O-bon reste encore aujourd'hui un moment
privilégié. Un moment où les japonais retournent visiter leur famille dans leur ville ou
village natal.
En pratique.
L’O-Bon marque un temps de recueillement en mémoire
des défunts et de remerciement à l’égard des
sacrifices qu’ils ont accompli. Durant cette période
les esprits des personnes décédées reviennent sur
terre visiter leur famille. C’est un moment de
réjouissance et de partage. Des lanternes sont
placées du cimetière à la maison de la famille du
défunt afin de le guider. Une place est faite à
table où des mets sont disposés afin de
l’accueillir.
C’est l’occasion pour les familles japonaises de
visiter les sépultures de leur famille, de les
remettre en état et d’y déposer eau et fleurs.
Lorsque la famille à connu un décès dans l’année, il
existe alors des rituels spécifiques. On préfère
alors employer le terme de «Hatsubon».
Durant les réjouissances se déroule les fameuses
danses
Bon Odori (盆踊り).
Au
dernier jour de l’O-Bon, des petites lanternes de
papier et de bambou de forme carrée (Tôrô Nagashi)
sont déposées sur les berges des rivières ou de
l’océan. Elles guideront les âmes des défunts pour
leur voyage de retour (voir photo).