KAGAMI - MIROIR JAPONAIS

 
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Copyright de la photographie n°1: DP; n°2: GNU FDL V1.2 & suivant

 

 
 

                                            Les Kagami () sont des miroirs en métal japonais possédant une face polie et une face décorée. Ces miroirs sont les ancêtres des miroirs actuels. Ils furent utilisés jusqu’au milieu du XIXème siècle.

Miroir de type Sankakuen-shinjūkyō - Ville de Kizygawa (ancienne ville de kawashiro), préfecture de Kyoto.
Origine des miroirs en bronze

On a découvert de multiples exemples de miroirs polis en bronze à travers le monde. Les premiers remontent à la période néolithique en Chine (entre -9 900 avant J-C. à - 3 300 avant J-C.). D’autres  exemplaires datant de – 2 900 avant J-C. furent mis à jour en Egypte. L’Europe aussi n’est pas en reste puisque des miroirs datant de l’âge du bronze (-3 300 à -1 100 avant J-C.) furent découverts en Grande-Bretagne et en Italie. Le Japon s’inscrit donc dans ce mouvement mondial qu’est la maitrise des métaux et à travers elle la production de miroirs.

Origine des miroirs au Japon

Les plus anciens miroirs retrouvés au Japon datent de l’ère Yayoi. Une période de l’histoire japonaise s’étendant de -400 av J-C. à 250 après J-C. Plus précisément il semble que les plus anciens exemplaires remontent a -300 av J-C. Les premiers miroirs utilisés au Japon provenaient de Chine. Une chronique chinoise relate par ailleurs l’envoi en l’an 239 de 100 miroirs de bronze de la part del’empereur à un émissaire de la reine japonaise Himiko. Ceux-ci pouvaient être en bronze ou en fer (miroir « tekkyô).

Ce n’est que dans un second temps que les fondeurs japonais se mirent à s’approprier cet objet et produisirent localement des miroirs. Cette production purement japonaise se nomme « wa-kyô ». Ces miroirs ne sont toutefois au départ que la reproduction des exemplaires provenant de Chine. Ce n’est qu’avec le temps que les facteurs japonais y introduisent des motifs locaux.

Le développement d’une production nationale ne mit toutefois pas fin à l’importation de miroirs d’origine chinoise qui perdura notamment sous la dynastie des Tang (de 618 à 907). En sus de la persistance de l’importation de modèles chinois, se développe la production de miroirs fabriqués en Chine mais uniquement destinés au marché japonais. Ces modèles sont regroupés sous le nom de « sankaku-buchishinjû-kyô ».

Les miroirs magiques (oni-kagami)

Les miroirs magiques sont des miroirs tout à fait classiques sauf que lorsque ceux-ci sont inclinés sous un certain angle ou couverts de buée, ils laissent apparaitre derrière leur partie réfléchissante une image cachée. Plus de 500 miroirs de ce type ont été découverts au Japon. De bronze ou d’étain ces miroirs sont généralement aussi d’origine chinoise. L’une des dernières découvertes en date fut relatée dans l’édition anglaise du journal Ashahi Shimbun. Ce dernier indique que le musée national de Kyoto a déclaré le 29 janvier 2014 que deux miroirs de ses collections seraient des « miroirs magiques ».

Reproduction du miroir Yata no Kagami
Le miroir Yata no Kagami

Le Yata no Kagami (八咫鏡) est un  miroir en bronze de forme octogonale. Ce miroir est considéré au Japon comme faisant partie des Trois Trésors Sacrés du Japon (Sanshu no Jingi - 三種の神器). Ce trésor aussi appelé Trésor impérial du Japon ou Insignes impériaux comprend aussi une épée et un magatama (sorte de talisman en forme de virgule). Le Yata no Kagami (八咫鏡) symbolise la sagesse et l’honnêteté. Cette relique sacrée serait conservée au grand sanctuaire d’Ise (préfecture de Mie). Il n’est toutefois pas possible de le vérifier dans la mesure où aucun accès au miroir n’est réellement autorisé. L’ouvrage intitulé « LessonsfromHistory: the TokushiYoron » mentionne que  le miroir aurait disparu dans un incendie en 1040.

Ce mythique miroir aurait servi à conduire la déesse du soleil Amaterasu (天照) hors de la cave où elle se trouvait enfermée. La déesse remit ensuite à son petit-fils Ninigi no Mikoto (瓊瓊杵尊) le miroir qui l’emmena avec lui lors de son séjour sur terre.

Les usages des miroirs anciens

L’usage originel des miroirs était cultuel et symbolique. Le côté fonctionnel n’est apparu que tardivement.

Le miroir était en effet un objet rituel entrant dans le cadre du culte de la déesse shintô du soleil, Amateratsu.

Le miroir était aussi considéré comme le symbole de l’honnêteté et de la vérité. Cette symbolique s’explique tout simplement par la propriété même du miroir, renvoyer fidèlement le reflet de la réalité.

De grandes quantités de miroirs ont été retrouvées dans des Kofun (tumulus). Certains avancent donc qu’ils étaient destinés à renvoyer une série d’image afin de véhiculer un message, une histoire.

La forme des miroirs japonais anciens

Quasiment tous les miroirs japonais sont de forme ronde avec une face polie et un dos décoré par gravure, moulage  ou incrustation d’or ou d’argent. Sur cette face arrière est situé au centre une sorte de bouton dont le percement permet le passage d’une cordelette destinée à le suspendre.

Bien qu’une grande majorité des miroirs soient ronds il en existe certains avec des formes différentes. A chaque forme est attribué un nom.

En-kyô : miroir rond sans manche ;

Rei-kyô : miroir rond agrémenté de grelots sur son contour ;

E-kyô : miroir rond avec un manche ;

Chôhôkei-kyô : miroir de forme oblongue –vers le Xème siècle;

Kitsuneme-kyô : miroir d’origine chinoise prenant la forme d’un œil – du Xème au XIIIème siècle.

Seihôkei-kyô : miroir de forme carrée – apparu vers le VIIIème siècle, présence jusqu’au XIIIème siècle ;

La décoration des miroirs japonais

Si la face du miroir est nécessairement polie son verso est toujours agrémenté de décorations.

Ces décorations peuvent représenter des maisons (kaokumon-kyô), des divinités (khinshin-kyô), des animaux marins (kaijû-kyô), des animaux marins et des raisins (kaijû-budôkyô), des animaux et des divinités (shinjû-kyô), … Ce dernier style est particulièrement prisé entre le 1er et le 6ème siècle. Il est suffisamment commun pour en distinguer 3 sous-groupes stylistiques : «sankakuen-shinjū-kyō», «gamontai-shinjū-kyō» et «hirabuchi-shinjū-kyō».

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