A l’origine ce nom désignait les paysans qui perdant leurs terres
(guerre, confiscation…) erraient à la recherche de travaux pour
pouvoir survivre. Par extension ce terme fut appliqué aux
samouraïs
ayant perdu terres ou maîtres et qui se trouvaient ainsi désœuvrés. Ils vendaient alors leurs services à la cause du plus offrant
comme piétaille, mercenaire ou garde du corps...
Le nombre de samouraïs rônin augmenta considérablement après
le guerre civile de l’Ônin entre 1567 et 1577. La photo de gauche
représente Ôishi Kuranosuke le leader des 47 rônin.
De
nos jours ce terme est utilisé pour les étudiants qui
n’ont pas été pris dans l’université de leur choix
et qui attendent d’être admis dans une autre école ou faculté.
Comme
chaque année depuis son accession au trône en 1687 l’empereur
Higashiyama (1675-1709) devait envoyer une ambassade près du
Shôgun Tokugawa Tsunayoshi afin de présenter ses vœux.
Comme chaque année le Shôgun chargea certains de ses vassaux
le soin d’organiser dignement l’arrivée
des émissaires
de l’empereur. En 1701 le Shôgun Tokugawa Tsunayoshi désigna
notamment le seigneur (daimyô) Asano Naganori (1665-1701). Asano
Naganori jeune daimyô de 36 ans du petit fief d’Akô demande conseil
pour l’organisation de cet événement à Kira Yoshinaka.
Kira Yoshinaka (1641-1703) est un samouraï maître des cérémonies
de la maison du Shôgun Tokugawa Tsunayoshi.
Kira Yoshinaka, hautin, refuse dédaigneusement plusieurs fois
son aide à Asano Naganori. Asano Naganori dans un mouvement de
colère le blesse légèrement de son sabre au front
et à l’épaule. Le Shôgun apprenant cet écart de
conduite dans sa maison condamnera sans autre investigation Asano Naganori
au suicide. Les règles de l’époque auraient voulu que
les deux parties à la querelle soient punies. Kira Yoshinaka
ne sera cependant pas inquiété.
Asano Naganori est inhumé au temple Sengaku-ji (voir photo
de gauche ci-avant). Ses terres sont
alors confisquées, et ses troupes composées notamment
de 300 Samouraïs dispersés. Sa famille perdra tous ses titres.
Une demande en révision fut soumise au Shôgun pour la réintégration
de la famille Asano dans ses terres et titres. Cette demande sera rejetée.
L’histoire
aurait pu s’arrêter là. A la mort de leur maître
un groupe de Samouraï, désormais des rônin, décida
de venger la mort d’Asano Naganori. Le groupe composé de 47
rônin,
emmené par Ôishi Kuranosuke, attendra presque 2 ans. Ils passèrent
à l’action la nuit du 14 décembre 1702 en attaquant la
demeure de Kira Yoshinaka. Ils le décapitèrent, lavèrent
sa tête dans le puits du temple Sengaku-ji (photo de gauche) et la posèrent
sur la tombe de leur maître Asano Naganori.
Terasaka Kichiemon un rônin du groupe parti immédiatement avertir
les autres anciens Samouraï d’Asano Naganori de la nouvelle.
Pendant ce temps les 46 autres rônin se rendirent auprès du
Shôgun
Tokugawa Tsunayoshi qui les condamna au suicide en dépit d’un
important soutien populaire.
C’est le 4 février 1703 que 46 des 47 rônin se suicidèrent
dans l’enceinte du temple Sengaku-ji . C’est à ce même endroit
près de leur maître qu'ils furent inhumés
(photo ci-après à gauche).
Après avoir accompli sa mission Terasaka Kichiemon le quarante-septième
Rônin se livra au Shôgun qui le gracia. A sa mort, il sera inhumé
avec ses compagnons et son maître au Sengaku-ji .
Entre temps un autre ancien Samouraï d’Asano Naganori vint se suicider
au Sengaku-ji pour se faire pardonner de ne pas avoir participé
à l’attaque contre Kira Yoshinaka.
Cette
histoire toucha profondément le peuple japonais qui l’immortalisa
définitivement dans plusieurs pièces de théâtre
: Chûshingura, Goban Taiheiki-ki…
ainsi qu'un film nommé les "47
rônins" de
Kenji Mizoguchi.