Les
Soba sont des pâtes japonaises élaborées à partir de farine de sarrasin et
d’eau. Le terme « soba » signifie
littéralement sarrasin. Relativement fines (2
mm approximativement), ces pâtes brunes atteignent environ une vingtaine de
centimètres en longueur. Les soba sont les pâtes les plus consommées au Japon.
Par extension et abus de langage le terme « soba » peut désigner aujourd’hui
toutes les pâtes fines existantes.
Les soba les plus raffinées,
mais aussi les plus onéreuses, sont les Juuwari (十割). Ces soba sont fabriquées
uniquement à partir de sarrasin. Les soba “ni-hachi” (二八) sont quant à elles
élaborées pour moitié avec de la farine de blé et pour l’autre moitié avec de la
farine de sarrasin. On distingue les soba préparées avec de la farine de sarrasin
tamisée (Sarashina soba) ou non (Inaka soba). Certaines soba sont parfumées aux
algues (Hegi soba), au thé vert (Cha soba) ou encore à l’armoise (mugi soba).
Historiquement les soba portaient le nom de « sobakiri »
(蕎麦切り). Elles semblent être apparues au Japon au début de
l’ère Edo (1603 – 1868). Elles auraient été créées afin de palier une
déficience en vitamine B1 au sein de la population aisée de la capitale (Edo
aujourd’hui Tôkyô). Cette carence alimentaire était, sans doute, due au fait que
cette population préférait consommer du riz blanc (ayant une faible teneure en
thiamine (vitamine B1) et devait s’alimenter notamment de poissons crus dont la
chair de certaines espèces contient de la thiaminase. La thiaminase est une
enzyme qui détruit la vitamine B1.
Les « sobakiri » ou soba devinrent populaires très
rapidement. Il était possible de les consommer pratiquement dans tous les
établissements.
Aujourd’hui encore il est possible de les déguster
presque partout et en toutes occasions. Elles sont aussi traditionnellement
cuisinées lors du nouvel an (Toshikoshi soba) et, bien que cette pratique ait
tendance à disparaître, offertes au voisinage suite à un déménagement (Hikkoshi
soba).
Sous l’influence de l’histoire locale de chaque
région du japon mais aussi des saisons, il existe de nos jours une grande
variété de soba et de recettes. Les soba sont ainsi appréciées aussi bien
chaudes que froides. Elles sont presque toujours dégustées avec une sauce
dénommée « tsuyu ».
Si les Soba restent un plat traditionnel, le
modernisme est venu toucher de plein fouet le processus de fabrication. Les soba
ne sont aujourd'hui plus fabriquées à la main main issu d'un processus plus ou
moins industrialisé. La photo ci-contre représente une machine réduisant les
graines de Soba (Sarrasin) afin d'obtenir la farine nécessaire à la fabrication
de ces pâtes.
La sauce « tsuyu » ou « soba tsuyu ».
Cette sauce
est un mélange de bouillon de dashi (extrait d’algue konbu (昆布) et de bonite
séchée), de « mirin » et de « kaeshi » (une sauce de soja sucré). Cette sauce
peut être rehaussée par de la ciboule finement coupée et/ou du wasabi. La sauce
est utilisée froide en assaisonnement pour les plats froids ou plus légère et
diluée dans un bouillon pour les plats chauds.
Les
plats chauds
Les soba sont le plus souvent présentés dans un bol
de soupe ou de bouillon de tsuyu chaud. Le nom du plat peut varier en fonction
des ingrédients ajoutés à cette base.
L’ensemble peut ainsi être rehaussé de ciboule
finement coupée (Kake soba 掛け蕎麦),
d’un mélange de 7 épices dénommé Shichimi tōgarashi (七味唐辛子), d’algue nommée
wakame (Wakame soba (わかめ蕎麦) ou de champignons
nameko (Nameko soba (なめこ蕎麦)).
Il est possible d’adjoindre aux soba du tofu frit (aburaage). Le plat est alors
nommé « Tanuki soba » (たぬき蕎麦) dans la région du Kansai et “Kitsune soba »
(きつね蕎麦) dans la région du Kantô.
Les « Tanuki soba » (たぬき蕎麦) de la région du Kantô
sont en fait des soba servies avec des tempura (sorte de beignets salés). Les
tempura proposés sont souvent à la crevette. Dans le Kansaï cette recette au
tempura porte le nom de « Haikara soba » (ハイカラ蕎麦).
Les soba peuvent aussi êtres servies avec du porc
Cuit à l’étouffer. C’est une spécialité d’Okinawa nommé « Soki soba ».
Les « Tsukimi soba » ( 月見蕎麦), sont des soba cuits
dans un bouillon dans lequel est jeté un œuf cru. L’œuf se cuit au contact du
bouillon.
Les « Tororo soba » (とろろ蕎) sont présentées avec du
tororo. Le tororo est un tubercule proche de l’igname.
Les « Sansai soba » (山菜蕎麦) sont des soba mélangées
avec certaines plantes sauvages comme la fougère japonaise (zenmai), de la
pousse de bambou (tekenoko)…
Lorsque les soba sont servies avec de la ciboule et
du canard on nomme le plat de soba « Kamonanban » (鴨南蛮).
Quand les soba sont présentées avec du hareng séché l’ensemble est appelé Nishin
soba.
Les
plats froids
Les soba sont souvent
présentées sur un plat de bambou laissant les nouilles s’égoutter. Ce récipient
se nomme Zaru. Les soba froides ainsi servies sont accompagnées d’une sauce
appelée « soba tsuyu ». Ce plat très classique porte le nom de "Mori soba »
(盛り蕎麦).
Lorsque des morceaux de « nori »
séchées (algues) sont parsemées sur les soba froide, le plat est renommé « Zaru
soba » (笊蕎麦).
Enfin lorsque les soba froides
sont agrémentées de graines de soja fermentées (natto), de tororo (sorte de
purée de tubercule proche de l’igname), d’oroshi (sorte de radis) ou encore de
gombo (okra) le plat se nomme « Hiyasi soba ».
Bien que cela ne soit pas une
façon traditionnelle de déguster ces pâtes, les soba peuvent aussi se déguster
en salade. Cette nouvelle mode d’accompagner ces nouilles n’est pas très
répandue au Japon est résulte d’influences occidentales. Les soba sont alors
accompagnées de légumes et d’un assaisonnement à base de sésame.
A noter l’existence de « Soba
maki ». Dans cette
recette, à l’instar des makis, les soba froides sont
enroulées dans des feuilles de nori (algue).
Le « Soba-yu » (蕎麦湯).
Le soba-yu correspond à l’eau
ayant servi à la cuisson des soba. Elle est éventuellement mélangée avec du
tsuyu. Cette sorte de bouillon est très appréciée des amateurs de soba.