Les différentes poupées.
La classification opérée ci-après n’a rien
d’intangible ni d’officielle. Elle vise simplement
à rationnaliser le foisonnement des styles et des
créations. Il est possible de faire entrer un type
de poupée dans plusieurs catégories. A titre
d’exemple les « Kimekomi-ningyô » sont des poupées
de bois, habillées de vêtements en tissus, dont la
tête peut être en porcelaine. Les « Kimekomi-ningyô »
peuvent donc tout à la fois être classifiées au
sein des poupées, de bois, de tissus ou de
porcelaine.
Clickjapan à réuni pour vous plus d’une vingtaine
de styles différents.
Les poupées ésotériques :
Hitogata :
Ces poupées de forme humaine sont réputées avoir
des pouvoirs prophylactiques particuliers
(protection contre les maladies, les accidents….).
On distingue différents types de poupées dans
cette catégorie : Hôko (pour les femmes), amagatsu
(pour les hommes) et anesama-ningyô.
Tous les ans au sanctuaire Kamigamo de Kyôto, se
déroule une cérémonie de purification (« Nagoshi-no-harae »).
Au cours de cette cérémonie ces poupées de
papiers, sur lesquelles les croyants ont inscrit
leur nom et leur âge, sont jetées dans un cours
d’eau nommé « Nara-no-ogawa ».
Un même type d’office se pratique au sanctuaire
Shimogamo de Kyôto tous les 7 août.
Kubi-ningyô :
Ces poupées sont constituées d’un bâtonnet de
bois, à l’origine du bambou, sur lequel est fixé
une tête forme humaine ou animal. La tête est
faite de craie. La plupart du temps les animaux
représentés sont empruntés au bestiaire des signes
du zodiaque. Conçu dans un but prophylactique,
elles sont achetés dans les sanctuaires et donner
aux enfants afin de les protéger. Il est possible
aujourd’hui d’entre trouver pour un usage plus
ludique. Elles sont alors habillées par leurs
utilisateurs qui les usent comme des jouets.
Wara-ningyô:
sorte de poupée "vaudou" fabriquée en paille
tressée. Elles sont utilisées pour jeter un sort à
un individu. Un clou doit les traverser. Chaque
coup donné dans le clou cèle un peu plus le
sortilège.
Pour savoir plus sur les
superstitions
japonaises,
cliquez ici.
Les poupées traditionnelles en bois.
Kamo Ningyô, Yanagi Ningyô et Kimekomi-ningyô:
Ce style de poupée, à la réalisation ardue, est
apparu à la fin de l’ère Edo. On le doit Tadashige
Takahashi servant au Sanctuaire shinto de Kyôto
Kamigamo. Ce sanctuaire est associé à un autre
sanctuaire nommé « Shimogamo-jinja ». Ces deux
sanctuaires sont ensemble désignés par les termes
de Kamo-jinja. Le nom des premières poupées
provient de ces sanctuaires. Elles portent en
effet le nom de « Kamo-Ningyô » ou « Yanagi-Ningyô ».
La tête et les mains de ces premiers exemplaires
étaient laissées en bois brute. Le bois à
l’origine utilisé était le saule-pleureur « Yanagi ».
Ce bois clair au grain fin s’approchait de la
couleur naturel de la peau.
Par la suite, le style des « Kamo-Ningyô »
évolua et les poupées plus « modernes » qui en
résultèrent prirent le nom de « Kimekomi-ningyô ».
L’une des évolutions ayant marquée ce style
poupées est notamment dû à Eikichi Yoshino, au
début de l’ère Meiji. Eikichi Yoshino est à
l’origine d’un style particulier de poupées « Kimekomi »
nommées « Matarô Kimekomi-Ningyô ».
Aujourd’hui, ce style à essaimé et il existe
plusieurs courants et écoles de poupées « Kimekomi ».
De nos jours, ces poupées sont la plupart du
temps, sculptées dans du paulownia « kiri »
ou moulées dans une résine constituée à partir
d’un mélange de poudre de bois (de paulownia) et
de colle.
Si le corps est de bois, la tête et les mains, de
couleur blanche, sont assez fréquemment en
terre-cuite ou en porcelaine. Les yeux sont
souvent faits de verre. La poupée est habillée à
partir de riches tissus. Les vêtements réalisés
sont maintenus sur le corps de la poupée sans
aiguille ou autre point de colle. Les « Kimekomi-ningyô »
peuvent atteindre jusqu’à une vingtaine de
centimètres.
Nara-Ningyô:
Les “Nara-Ningyô” sont sculptées au couteau
dans du bois de cyprès « hinoki ». Ce sont ces
coupes (« ittô-bori » : coupe dite au
couteau ou « to-no-kiri » : coupe dite au sabre)
qui donnent à ces poupées leur aspect brut et
rugueux. Les couleurs utilisées sont claires et
mates. Les personnages représentés sont souvent
tirés du théâtre Nô. Leur création est due à Okano
Heiemon vers 1620. Bien qu’incertain, il est
possible qu’il se soit inspiré des petits
personnages de bois ornant des chapeaux de
certains musiciens lors de représentations de « dengaku »
au sanctuaire shintô de Kasuga.
Les “Nara-Ningyô” sont parentes par la
technique employée aux poupées du type « “Uji-Ningyô”
et « Sasano-Ningyô ».
Uji-Ningyô :
Ces petites figurines ressemblent aux « Nara-Ningyô ».
Elles sont sculptées dans un seul bloc de bois
selon la technique « ittô-bori » (coupe
dite au couteau). Elles sont ensuite peintes avec
un certains souci du détail. Contrairement aux « Nara-Ningyô »
elles ne dépassent pas les 5 centimètres de haut.
Sasano-Ningyô :
Ces poupées de bois peintes sont originaires du
temple Sasano-Kannon. Elles se vendent par paires
et représentent les divinités bénéfiques Daikoku
et Ebisu.
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Photo n°3 - Saga-Ningyô |
Saga-Ningyô:
Ces poupées sont assez rares et leur origine
incertaine. Il est possible de part le nombre de
sujets religieux représentés, la pose adoptée que
l’origine de ces figurines soit religieuse. Ces
poupées de bois travaillé, sont souvent rehaussées
de pigments rouges d’origine minérale et de
feuille d’or. Elles connaîtront, sur le tard, une
petite évolution avec l’introduction, pour
certaines d’entre elles, d’articulations au niveau
de la tête.
Les « Saga-Ningyô » sont apparues sous
l’ère Edo (1603-1868) dans la ville de Saga
au sein de la préfecture de Saga sur la baie d’Ariake
(île de Kyûshû). Vers la fin de l’ère Edo, elles
deviendront suffisamment populaires au sein de la
population pour que certains marchands se lancent
dans la copie du style « Saga ». Ces copies sont
nommées « Edo
Saga ningyô ».
Il peut-être possible que les « Saga-Ningyô »,
avec leur air maladroit aient inspiré les « Gosho-ningyô ».
Gosho-ningyô :
Voir ci-après au sein de la catégorie "poupée
de porcelaine".
Take-Ningyô :
La traduction littérale de « Take-Ningyô »
est assez descriptive. « Take-Ningyô »
signifie poupée de bambou. Ce type de figurine est
une spécialité de la préfecture de Fukui. Les
bambous sont découpés et réassemblés afin de
donner forme à un personnage avec ses vêtements.
Les personnages les plus représentés sont des
acteurs de théâtre et des danseurs…
Ôuchi-Ningyô :
Aujourd’hui disparues, elles se présentent comme
de simple boule de bois de forme ronde ou ovoïde
peintes et éventuellement laquées.
Ishô-Ningyô :
Ces poupées traditionnelles japonaises ont pour
particularité d’être habillées de vêtements de
tissus amovibles respectant strictement les canons
de la mode de l’époque (acteurs, courtisans…). Les
sujets (geisha, acteurs de kabuki…) représentés
étant pour l’essentiel issus du « monde flottant »
(monde des plaisirs) certains préfèrent utiliser
le terme de « ukiyo-ningyô »
(poupées du monde flottant) à celui de « Ishô-ningyô »
(poupées habillées). Ces poupées ne forment pas
une catégorie à part entière mais plus un courant
transversal ou fourre-tout. La plupart d’entre
elles datent du XVIIème/XVIIIème
siècle.
Himedaruma:
Les Himedaruma (photo n°1) semblent avoir
été utilisés comme amulettes pour des
accouchements sans complication. La légende
voudrait que les premières figurines représentent
de façon stylisée l’impératrice Jingû, alors
enceinte de l’empereur Ôjin, se rendant à un onsen
(bain d’eau de source chaude). En forme d'œuf
soit peinte soit revêtu de tissu, ces poupées ne
doivent par être confondu avec un autre type de
figurine, les "daruma".
Kokeshi (小芥子):
Ces poupées semblent être apparues à la fin de
l’ère Edo (1603-1868) au sein des familles
paysannes du nord de l’île e Honshu dans la région
du Tōhoku (東北地方,).
Chaque famille avait sa propre pate ce qui
explique la grande diversité de style. On dénombre
plusieurs centaines de types
Kokeshi.
Elles sont aujourd’hui de moins en moins
fabriquées. Pour avoir un exposé complet sur ces
poupées traditionnelles japonaises,
cliquez-ici.
Les poupées de tissus :
Yamato-ningyô :
Ces poupées commencèrent à être fabriquées à la
fin de l’ère Meiji. Représentant aussi bien des
petites filles que des petits garçons, elles
étaient, au commencement, vendues sans vêtement,
permettant ainsi à leur propriétaire de les
habiller à leur convenance. Vers les années 50,
les Yamato-ningyô commencèrent à être vendues
habillées.
Elles sont formées de 5 parties (tête, oreilles,
corps, bras et jambes) moulées à partir d’une
résine nommée « toso ». Le « toso »
constituée d’un mélange de poudre de bois de
paulownia « kiri » et de colle.
Le corps et les membres de la poupée étaient
recouverts de plusieurs couches de « gofun ».
Le
« gofun » est un mélange de 3/10ème
de poudre de coquillage nommé « gofun » et
de 7/10ème d’une colle nommée « nikawa ».
Ce produit était appliqué en plus grande quantité
au niveau du nez, des lèvres, des yeux, des
oreilles, des doigts et des oreilles. Les
détailles étaient ensuite taillé au couteau. Une
fois ce travail de ciselage terminé, une nouvelle
couche de « gofun » était
appliquée. Cette
couché était néanmoins teintée afin de rendre à la
poupée une couleur chair. Un agent de fixation
était enfin appliqué sur l’ensemble. Les cils et
sourcils entourant les yeux composés d’une bille
de verre, étaient simplement dessinés.
Mitsu-ore-Ningyô
ou Ichimatsu :
Au sein du vaste monde des poupées japonaises,
les « Mitsu-ore-Ningôo » ou « Ichimatsu »
présentent deux importantes particularités. La
première particularité vient du fait que, dès
l’origine, elles ont été créées pour être des
jouets (la plupart des autres poupées japonaises
ont une origine religieuse, prophylactique…). La
seconde particularité réside dans la volonté
clairement marquée de leurs facteurs de leur
donner une apparence anatomique réaliste.
Les premiers exemplaires datent de l’ère Edo. Ils
étaient fabriqués de bois et éventuellement de
papier mâché. On les nommait « Mitsu-ore-Ningyô »
car ils étaient articulés « ore » en 3 « Mitsu »
points (aux genoux, aux hanches et aux poignets).
Le corps, les membres et la tête de la poupée
étaient recouvert de plusieurs couches de « gofun ».
Comme déjà indiqué, le
« gofun » est un mélange de 3/10ème
de poudre de coquillage nommé « gofun » et
de 7/10ème d’une colle nommée « nikawa ».
Sans doute destinées à une population plutôt
aisée, ces poupées pouvaient bénéficier d’une
garde robe aux vêtements travaillés et de
plusieurs perruques (certains exemplaires étaient
cependant vendus dépourvus de toute chevelure).
Ces poupées devinrent relativement rapidement
populaires et leur production augmenta en
proportion. Cette production de masse ne fut pas
forcément assortie d’un gain en qualité.
Ces exemplaires plus modernes, souvent signés,
sont nommés « Ichimatsu ». Il existe
encore aujourd’hui des fabriquant d’« Ichimatsu ».
Hina-ningyô :
Ces poupées (voir photo n°2 ci-avant) sont utilisées lors du festival des
poupées (hina-matsuri).
Pour en savoir plus sur ce festival et ces poupées
somptuairement vêtues d’habits de cour de l’époque
Heian et
cliquez ici.
Sakura-ningyô :
Voir ci-après au sein de la catégorie "poupée
de porcelaine".
Kiku-Ningyô: appelées aussi poupées
chrysanthèmes, elles ont été inventées par
Yasumoto Kamehachi. Assez inclassable, elles sont composées de fleurs
de
chrysanthèmes et vêtues de costumes
traditionnel. Elles sont surtout fabriquées pour
la fête de la culture se tenant le 3 novembre.
Les poupées de terre :
Fushimi-ningyô :
Ces figurines, très populaire sous l’ère Edo (1603-1868),
étaient au début produites au sanctuaire Shintô de
Fushimi Inari Taisha à Kyôto. En plus de ses
pouvoirs prophylactiques, elles étaient supposées
représenter la personne qui les offrait. On
dénombre plus de 900 modèles de Fushimi-ningyô.
Hakata-ningyô :
C’est dans l’ancienne ville de Hakata regroupée
depuis 1889 avec celle de Fukuoka que naquirent
les « Hakata-ningyô » (博多人形).
Ces poupées de terre-cuite sont aujourd’hui encore
produites en grande quantité. Elles sont soit
peintes soit, le plus souvent habillées de
vêtements de tissus. Au-delà du souvenir pour
touristes certains exemplaires sont d’une grande
finesse et font preuve d’une maîtrise propre à les
classer comme œuvre d’art.
Les poupées de porcelaine ou assimilé:
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photo n°4 - Poupé peinte en céramique Neri-tenjin
de la ville d'Okayama. - Socle en bois -
Poupée ne faisant pas l'objet d'une
description dans cette page. |
Sakura-ningyô:
Ces poupées ont une histoire relativement récente.
Elles sont nées sou l’ère Taishô avant la seconde
guerre mondiale. Les premiers modèles sont
inspirés des poupées françaises aussi bien dans
les habits dont les coupes suivent la mode
française que dans la technique de fabrication.
Ces premiers exemplaires se nomment « Furansu-ningyô »
(poupées françaises). Le style de ces poupées a su
évoluer et bientôt sont apparues des
figurines vêtues de kimono et aux positions
inspirées des danses japonaises. Ces dernières se
nomment « Sakura-ningyô ».
Littéralement, « Sakura-ningyô » signifie
« poupée-cerisier ». Ce nom ne vient pas des
matériaux employés pour sa confection (le bois de
cerisier n’est pas utilisé) mais de la couleur de
la peau de cette poupée. La poupée est composée de
roseaux recouverts de soie, les extrémités (mains,
têtes...)sont en porcelaine. C’est cette soie et
cette porcelaine qui donnent à la poupée sa
douceur et sa couleur particulière. Certains
modèles représentant une geisha tenant une glycine
sont appelés « Fuji-ningyô » ou « Fuji-musume » (« Fuji-musume »
fait aussi référence au titre d’une pièce de
kabuki).
Gosho-ningyô:
Ces poupées étaient originellement fabriquées au
palais impérial de Kyôto (Gosho), d’où elles
tirent leur nom. Elles ont néanmoins pris à
travers les âges divers noms notamment ceux de
Zudai (grosse tête), shira-kiku
(chrysanthème
blanc) ou encore shirajishi-ningyo…
Ces poupées particulières semblent être sorties
tout droit d’un autre univers. Ces figurines
prennent la forme de « bébés gassouillés » à la
tête trop ronde, aux yeux noirs et aux proportions
inhabituelles. De couleur blanche de peau, portant
des habits et une coupe de cheveux typique de
l’ère Edo (1603-1868),
ces poupées peuvent tout aussi bien incarner des
musiciens que des divinités…
Le système féodal mis en place sous la période du
shogunat des Tokugawa imposait à l’ensemble de
l’aristocratie japonaise des visites périodiques
au palais impérial et des marques de respect lors
de chaque visite (cadeau). En retour la maison de
l’empereur offrait un présent. Il est dit que les
Gosho-ningyô étaient alors présentées comme des
présents de grande valeur. Ce qui était prisé par
la famille impériale provoquait nécessairement
l’intérêt de certains autres et ces poupées furent
très vite collectionnées (surtout par la classe
marchande).
Les collections les plus importantes se trouvent
au musée national Tôkyô, au musée national Kyôto
National, au musée de la préfecture d’lbaraki,
au musée de la ville d’Osaka.
Contrairement à ce qui est souvent écrit les Gosho-ningyô
ne sont pas en porcelaine mais sont élaborées à
partir d’un mélange fait de pate de riz et de
coquilles d’huitres concassées.
Il est possible de classer ces poupées en 7
catégories :
-1- Les « Mizuhikide » :
Poupées offertes par la maison impériale ou lors
d’une naissance.
-2- Les « haihai »
(poupées nageurs) :
Poupée aux vertus prophylactique.
-3- Poupées porte
chance :
prennent l’apparence de divinités ou d’animaux.
-4- Les « tachiko » :
Poupées
costumées. Les vêtements peuvent alors être
changés.
-5- Les « waka-gimi-hime-gimi»:
Couple de poupées en habit de cour représentant un
prince et une princesse.
-6- Les « ichimatsu » :
poupées destinées à être utilisées comme jouet.
-7- Les « karakuri»:
poupées
articulées.
D'autres
Gosho-ningyô
représentent des acteurs de Nô, de Kabuki, des
héros de légende…