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Macaques se
baignant, en plein hivers dans les sources
d'eau chaude de Nagano. |
Description
Ce singe (saru –
« サル ») de
la famille des cercopithecidae est la plus
septentrional de toutes les espèces animales de
primates. Connu sous le nom de
« Macaca
fuscat
»,
ce mammifère diurne est
omnivore (insectes, fruits, noix…). Grégaire, il
vit en groupe en obéissant à des règles sociales
strictes. Un groupe de macaque peut comprendre
jusqu’à 100 individus. Le
« Macaca fuscata
» met bas
au printemps. La gestion est d’environ 5 à 6 mois.
Le nombre de petit par portée n’est que de un. La
maturité sexuelle est atteinte vers les 3 ans.
Il est présent sur
l’ensemble de l’archipel japonais. Le male pèse de
10 à 14 kg pour un maximum de 95 cm tandis que la
femelle à un poids d’environ 8 à 10 kg pour une
taille maximum de l’ordre de 84 cm.
Le pelage de couleur
beige pâle est particulièrement épais. Il lui
permet d’affronter frimas de l’hiver et les
rigueurs des montagnes japonaises (jusqu’à –
20°C). Cette grande résistance lui à valu le
surnom de « singe des neiges ». Les deux seules
parties de son corps qui ne sont pas protégés par
cette fourrure sont la face et la croupe qui sont
de couleur rose/rouge. Une queue de courte taille
est présente au niveau de sa croupe.
La particularité des
Macaca fuscat réside dans leur capacité
d’adaptation et de mimétisme. Reproduisant
certains comportant humain (se baigner dans des
onsen, rouler des boules de neige…), ils sont
capables de transmettre d’individu
à individu et de génération en génération
certain comportement. Il est possible d'observer
des colonies de macaques se baignant dans des
bains d'eau chaude au parc Jigokudani (Jigokudani
Yaen Kōen - 地獄谷野猿公苑) à Yamanouchi (山ノ内町) dans le
district Shimotakai au sein de la préfecture
Nagano.
Protégé, le macaque
japonais est néanmoins aujourd’hui une espèce
menacée. La cause principale de sa lente
extinction est essentiellement due à la
disparition de son habitat.
Les singes dans la culture japonaise
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Sambiki-zaru, sculpté par Hidari jingoro,
situé au sanctuaire Shintô
Tôshôgu de
Nikkô. |
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Sagesse populaire: Les Trois Singes de
la Sagesse (Sambiki-zaru).
Ne rien voir, ne
rien dire, ne rien entendre. Voilà la voie qui mènera
celui qui la suit vers un monde de paix. Suivant
la route empruntée par le bouddhisme et donc
d’inde, ce précepte est symbolisé par trois petits
singes. Le premier se cache la vue, le second
l’ouïe et le dernier appose ses mains devant sa
gueule pour s’empêcher de parler/ou de répéter.
Ces trois petits singes se nomment respectivement
Mizaru (見猿), Kikazaru (聞か猿) et Iwazaru (言わ猿).
Il est à noter, le clin d’œil « sémantique », « sémiotique » de la
maxime « Mizaru », « Kikazaru », « Iwazaru ».
Celle-ci est en-effet marquée par la forte
homonymie des termes « zaru » qui compose
le nom des trois singes et le terme singe qui en
japonais se prononce « saru »
(サル).
Les « Sambiki-zaru » seraient pour la religion Shintô les
messages du kami Saruta-hiko (l’esprit de la
conscience).
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Conte:
Saru kani Kassen (la guerre du singe et du crabe).
Selon ce conte traditionnel un crabe et un singe font tous deux
commerces se troquant du riz contre des graines de
Kaki. Riche de leur échange, le singe affamé mange
le riz tandis que le crabe décide de planter les
graines de kaki. Les graines poussent et donne un
arbre. Le singe monte alors dans l’arbre s’empare
des fruits murs et tue le crabe en lui jetant les
fruits verts. Les petits du crabe aisés d’autres
animaux et plantes (une abeille, une noix…)
décident de venger le crabe. Profitant de
l’absence du singe, la petite compagnie
s’introduit dans sa maison pour lui tendre un
piège.
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Religion:
Le Shintoïsme.
Parmi le panthéon pléthorique des kami (esprits) du
shintoïsme (88 millions), il en est un prenant
les traits d’un singe. Cet esprit divin masculin
se nomme Otsuchi no Kami ou Saruda-Hiko. Il
symbolise la fécondité et la fertilité. Il épousa
le kami Ame no Uzume Mikoto (天宇受売命). De cette union naquit le clan Sarume-no-Kimi
(猿女の君)
(femme-singe). Les membres de cette lignée sont
des prêtresses exécutant notamment les danses
sacrés « saru-mahi » (猿樂). Ces danses « de singes » sont à l’origine du « Kagura » (神楽).
Otsuchi no Kami est particulièrement vénéré dans
les sanctuaires
Shintô
de Hie.
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Les
arts
C’est surtout dans la danse et le théâtre que la présence du singe
est la plus affirmée.
Les danses Sarugaku.
Ces danses ont une origine religieuse. On trouve trace de cette
danse pour la première fois dans les pages « kojiki ».
Le « kojiki » est une chronique japonaise composée
de 3 volumes datant de l’an 712. Le premier de ces
volumes traite de l’histoire des kami (esprit).
Selon cet ouvrage cette danse aurait été exécutée par le kami
féminin Ame no Uzume Mikoto (天宇受売命) (voir plus haut). Selon la légende, ce kami cherchait un moyen de
faire sortir le kami « Amaterasu Ômikami » de la
caverne où elle se trouvait retranchée.
« Amaterasu Ômikami » esprit du soleil et de la
lumière s’était réfugiée dans cette caverne afin
d’échapper aux comportements de son frère le kami
Susanoo no Mikoto. Se faisant elle priva la terre
de lumière. Les kami du ciel se réunirent alors
afin d’élaborer un stratagème pour attirer
Amaterasu Ômikami hors de son repère et ainsi
faire revenir le soleil sur terre. Selon les plans
convenus, Ame no Uzume Mikoto dansa et chanta
devant la grotte d’Amaterasu Ômikami. Attirée par
tant de bruit Amaterasu Ômikami sortit.
Toujours selon la légende la performance d’Ame no Uzume Mikoto
était tellement grotesque que tous les autres kami
en rire. C’est, sans doute, ce côté grotesque qui
a inspiré le nom de ces danses « Sarugaku »
(musique/danse de singe).
Les danses Sarugaku semblent être à l’origine du
Kyôgen et du
Nô. On donnera par ailleurs le nom générique
de « Sarugaku Shi-ka » aux familles qui aux XVéme
siècle détenait le privilège de l’écriture
des pièces de
Nô. Ces familles Kongô, Kanze, Komparu… sont à
l’origine des plus grandes écoles d’acteurs de
Nô (shite). Ces écoles, qui portent le nom de
leur famille fondatrice, sont encore aujourd’hui
en activité.