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Photographie n°1 ©Shimane Prefecture/©JNTO - n°2 ©Clickjapan - n°3 © Tochigi Prefectural Tourism Association Tokyo Office  - n°4 ©JNTO - n°5© Nagano Prefecture

 
 

 

Les Chevaux Japonais (races...)

Chevaux sur les côtes de Kuniga-kaigan (préfecture de shimane)
Photographie n°1: Chevaux sur les côtes de Kuniga-kaigan (préfecture de Shimane)

Le mot "cheval" (-うま) se prononce dans sa forme actuelle et moderne "uma". Les termes "koma" ou "goma" (au nord du japon)  ont néanmoins été utilisés par le passé pour désigner les chevaux.

Il semble que les premiers équidés soient apparus vers le Vème millénaire alors que l’archipel japonais et le continent asiatique ne formaient qu’un seul et même espace. Des fouilles archéologiques ont retrouvé des traces de deux espèces du genre Equus.

Le genre cheval (Equus) regroupe l’ensemble des mammifères périssodactyles issu de la famille des équidés. Au sein de cette grande famille des équidés le sous-genre cheval (Equus) est celui qui est ici étudié. Il n’existe plus aujourd’hui de chevaux sauvages. Les chevaux  dit sauvages aujourd’hui sont des animaux (ou leur descendance) ayant été domestiqués et qui sont par la suite retournés à la nature.

Il est possible que les premiers équidés de l’archipel proviennent de Russie méridionale et/ou des steppes d’Asie. Il semble que les chevaux japonais soient des descendants de l’hémione de Mongolie (Hemionus Kiang), des Tarpans ou plus vraisemblablement du cheval de Przevalsky (Equus Przevalsky).

En voie de disparition ce dernier a été découvert en Asie centrale entre les monts T’ien-chan et l’Altaï dans une zone autrefois nommé Dzoungarie. De taille modeste, ce cheval a la robe isabelle, le pelage foncé sur le dos, le ventre blanc, et une raie dorsale noire.

Les races japonaises, qui en seraient plus ou moins directement la descendance, sont au nombre de huit. La race la plus petite est nommée "Noma-uma" avec une taille inférieure à 107 cm. La race à la taille la plus haute est le "Dosanko" atteignant 140 cm.

Nom de la race Taille au garrot Préfecture d’origine
Hokkaido Washy (Dosanko) - 北海道和種 (どさんこ) 125 cm 140 cm Hokkaido
Kiso Uma - 木曽馬 124 cm 142 cm Nagano
Misaki-Uma - 御崎馬 (みさきうま) 124 cm 138 cm Miyazaki

Taishu-uma - 対州馬 (たいしゅううま)

107 cm 136 cm avec une taille moyenne tournant autour de 125 cm 127 cm Nagasaki
Tokara-uma - トカラ馬 108 cm 122 cm Kagoshima

Yonaguni-uma - 与那国馬

109 cm123 cm Okinawa
Miyako-uma - 宮古馬 117 cm pour les femelles 120 cm pour les males Okinawa
Noma-uma - 野間馬 Inférieur à 107 cm Ehime

Le Misaki-Uma de la préfecture Miyazaki est reconnu comme trésor national naturel du Japon. Le Tokara Uma est reconnu comme trésor naturel de et par la préfecture Kagoshima. Enfin le Noma-uma est estimé comme bien culturel de la ville d’Ehime.

Le cheval japonais à travers l'histoire

Japon - Haniwa (poterie) représentant un cheval arnaché
 Photographie n°2: Haniwa (poterie) représentant un cheval harnaché.

Il semble que le cheval ne fut domestiqué que tardivement sur l’archipel. Il apparaît probable que le cheval fut en premier lieu utilisé à des fins religieuses. Aujourd’hui encore les chevaux, en particulier les chevaux blancs, tiennent une place toute particulière au sein du shintoïsme. Pour en savoir plus sur le cheval et le fait religieux, cliquez ici.

Il est possible que le cheval fût apprécié sous un nouveau jour avec « l’invasion », en provenance de la péninsule sud-coréenne, des peuples altaïques. Selon la théorie « Kibaminzoku-ron » ces peuplades qui maitrisaient la monte et le travail du fer se seraient petit à petit implantées et mêlées à la population indigène tout en diffusant leur connaissance et mode de vie.

Les premières traces avérées de cohabitation entre l‘homme et le cheval remonte à l’époque des Kofun (du IIIe au IVe siècle). Des poteries de terre cuite représentant des montures harnachées ont été retrouvées agrémentant certains tumuli funéraires de l’époque. Des harnachements particulièrement ornés ont même été retrouvés à l’intérieur des tumuli.

C’est le « Kojiki » qui le premier relate la présence domestiquée de chevaux. Le « Kojiki » est  un recueil en  3 volumes de textes traitant de la genèse du Japon. Ce recueil datant de 712 fut en 720 repris dans le « Nihon Shoki » dans lequel on retrouve encore mention de chevaux.

L’utilisation guerrière est alors de mise. Les chevaux sont sélectionnés en fonction de leur courage et robustesse. La pratique de l’équitation fait parti de l’apprentissage de base du guerrier.

L’ère Heian (794 à 1185 ap. J.-C) qui débute au Japon apporte avec elle tout le raffinement dont est capable de faire preuve une élite aristocratique voulant afficher un certain rang. La classe des marchands et des fermiers n’ont alors pas le droit de monter. Le cheval demeure toujours et plus que jamais un élément important de l’équipement et de l’entrainement du guerrier japonais mais aussi un atout majeur lors des batailles entre clans.

Japon - Festival en l'honneur de la famille guerrière Taïra à Tochigi.
Photographie n°3: Festival en l'honneur de la famille guerrière Taïra à Tochigi.

La systématisation de la cavalerie lors d’affrontement armés pousse à la mise en place de véritable système d’élevage et de sélection. La réputation en matière d’élevage de certaines provinces de l’est et du nord, notamment la préfecture d’Iwate, se répandra vite au travers tout le Japon.

Il résulte aussi  de ce qui précède qu’un soin tout particulier est apporté à l’ornement du harnachement. Les selles sont laquées éventuellement incrustées de nacre, d’or ou d’argent. Les modes provenant de Chine influencent les parures et embellissements apportés aux croupes, poitrails et queues par l’ajout de perles, de métaux et pierres précieuses. Par là même on comprend l’importance (financière) que peut revêtir la possession d’une telle monture pour son propriétaire et la position sociale qu’elle induit.

L’utilisation du cheval comme cheval de bât est récente.

Avant  l’avènement de l’ère de Kamakura (1185 à 1333 ap. J.-C.) le cheval n’est quasiment pas utilisé comme cheval de bât. Seuls quelques individus appelés « Mago » s’adonnent à cette activité. Rien n’est alors structuré et organisé.

Au début de l’ère de Kamakura les « Mago » existent toujours mais sont désignés sous le terme de « Bahasku ».  Ils sont beaucoup plus nombreux et mieux organisés. Cette activité de transport à l’aide du cheval s’établit toujours en dehors des conventions de l’époque qui vouent au cheval un grand respect.

En fait, tout paraît commencer, plus ou moins officiellement, avec l’avènement de la dynastie des shôgun Tokugawa (période correspondant à l’ère Edo 1603 à1868). Durant cette période le cheval perd de sa superbe.

 Photographie n°4: Traineau à cheval dans la région d'Hokkaido

Deux phénomènes s’alimentant l’un l’autre vont contribuer à l’utilisation plus régulière du cheval comme moyen de transport de biens et de marchandises : (i) la pratique du « Sankin-kôtai » et (ii) le commerce.

(i) Le Sankin-kôtai fut instauré par le shôgun Tokugawa Iemitsu en 1635. Le « sankin-kôtai » oblige les daimyô (seigneur) à venir prêter allégeance au shôgun tous les deux ans. A cette fin, chaque famille de daimyô devait, en sus du coût du voyage composé d’une suite de plusieurs centaines d’hommes maximum, entretenir une résidence dans la capitale (Edo). Dans cette résidence, et sous le contrôle shogunal, devait à demeure résider les membres de la famille du Daimyô. Ce système financièrement éprouvant eut pour effet de structurer des itinéraires, des routes-étapes et des relais (Shukuba). Il eut sur l’utilisation du cheval deux effets.

En premier lieu le cheval, monture de guerre, fut de moins en moins utilisé (coûts financier et période de paix en sont les deux facteurs principaux). Ensuite, les cohortes incessantes de daimyô et leur suite allant et venant entre leur fief et la capitale de l’époque (Edo) poussèrent à utiliser le cheval moyen de transport et à organiser un ensemble de profession tournant autour du cheval (entretien, approvisionnement des relais en chevaux…).

(ii) L’intensification des échanges commerciaux, la multiplication des voies commerciales mais aussi la difficile maîtrise des voies navigables intérieures font du cheval un outil très utile au transport de marchandises. L’homme marchant au côté de sa monture, ce système de transport atteignait vite ses limites. Les « Mago » qui sous l’ère précédente avait commencé à utiliser le cheval comme un moyen de transport continu sous l’ère Edo ou la demande est de plus en plus importante. Ils se structurent alors en guilde, se chargent de fournir les relais en chevaux… Ils obtiennent bientôt une position quasi monopolistique sur l’ensemble des transports terrestres japonais. A cette époque le cheval ne fut pas utilisé que dans les plaines le long de grandes routes et itinéraires commerciaux. Dans les zones aux terrains accidentés le cheval est aussi utilisé. Dans ces zones montagneuses se dessine la pratique du « chûma ». Le cheval, tenu à la bride est alors utilisé pour le transport de marchandise. C’est le Shôgun Tokugawa Iestuma (1647-1680) qui en autorisa officiellement la pratique vers 1673. Pratique déjà courante avant cette date. Le chûma fera l’objet dans ses usages d’un encadrement plus strict en 1764 sous le règne du shôgun Tokugawa Ieharu (1737 – 1786).

Photographie n°5: course hyppique à Takabocchi

Au début de l’ère Meiji (1868 à 1912 ap. J.-C) le Japon entre dans une phase de stabilité, de progrès économique, social et scientifique. Les réformes impériales restructurant complètement la société japonaise (abandon du système féodal) et la paix vont encore diminuer l’importance du cheval. La pratique de l’équitation ne devient bientôt qu’un loisir mais un loisir onéreux.

L’équitation en tant que loisir puise ses racines au moins vers le VIIIème siècle. Dans cette catégorie l’équitation est pratiquée à titre de loisirs mais aussi l’ensemble des sports équestres.

La plupart des sports équestres traditionnels ont pour origine la chasse ou la chose militaire : Inuoimono, Kasagake et Yabusame. L’ensemble des ces sports équestres recouvert sous le terme de « Kisha » ont recourt à l’archerie. En dehors de cérémonies et festivals, ces sports ne sont aujourd'hui plus pratiqués.

Ce n’est que vraisemblablement que vers le XIXème siècle que les premières véritables course de chevaux semblent être apparues. Le « Nihon Shoki » fait mention de la tenue de certaines courses mais ce n’est que vers la fin de l’ère Kamakura (1603 à 1868 ap. J.-C.) que les courses hippiques se structurent véritablement. Au début de l’ère Meiji (1868 à 1912 ap. J.-C.) une vingtaine de clubs hippiques existent. Les races traditionnelles de chevaux japonais sont alors beaucoup moins utilisées. Des croisements avec des races étrangères sont tentés afin d'améliorer les races locales. Cela à notamment effet de diluer un peut plus le "patrimoine équestre" de l'archipel. Les races de chevaux japonais perdent alors du terrain au profit des races européennes et arabes.