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Katagami, l'art du pochoir
japonais.
Cette
technique, inusitée aujourd’hui, était destinée à
agrémenter les vêtements de motifs. Les « katagami »
apparurent vers le XIIIème siècle et atteignirent leur
apogée durant la seconde moitié de l'ère d'Edo
(1603-1868).
La fabrication du « katagami ».
Les
« katagami » sont composés de bandes de papier
traditionnel
japonais
dénommé « Washi ». Ces feuilles de papier sont
confectionnées à base d’écorces de mûriers. Elles sont
collées les unes aux autres avec du jus de kaki
fermenté. C’est cet extrait de Kaki qui donne au « katagami »
cette couleur brunâtre et qui par la même occasion
protège les feuilles de certaines moisissures.
Il
est nécessaire d’assembler ainsi entre 4 et 6 feuilles
de « Washi » pour former un « katagami ».
(L’artisan fabriquant son « katagami » recyclait
souvent de « vieilles » feuilles de « Washi ».)
L’assemblage ainsi obtenu est ensuite minutieusement
découpé à la main afin de faire naître les motifs qui
seront imprimés sur les textiles destinés à la
confection de vêtement.
L’utilisation
du « katagami ».
Le « katagami »
est apposé sur la bande textile destinée à être teinte.
Une pâte de riz est appliquée sur le « katagami ».
Cette pâte translucide adhère au textile au niveau des
espaces vides. Le textile est ensuite teint. L’ensemble
du tissu ressort teinté à l’exception des motifs
protégés par la pâte de riz.
Le
monde occidental ne découvrit le « katagami »
qu’au XIXème siècle, en même temps que le japon,
s’industrialisant, abandonnait cet art séculaire au
profit de technique plus productive.
L'influence du
« katagami ».
Le « katagami »
éveilla tout de suite l’intérêt des artistes et des
collectionneurs. Il apporta une nouvelle source
d’inspiration à de nombreux artistes dans plusieurs
disciplines. La verrerie au travers du travail de René
Lalique, les meubles grâce à Emile Gallé, le fer forgé
et les vitraux par la contribution des Bruxellois Henri
van de Velde et Victor Horta ou encore les réalisations
des viennois Koloman Moser et Josef Hoffman.
Le « katagami »
alimentait alors un peu plus le « japonisme », un
courant artistique particulièrement en vogue au XIXème
siècle.
Les
plus belles collections sont aujourd’hui dispersés entre
Londres, Paris (Musée d'Orsay et au Musée des Arts
décoratifs), Viennes (MAK) et Bruxelles (Musées Royaux
d'Art et d'Histoire). |